Dans la campagne de Haute-Loire, les ratons laveurs s’invitent désormais dans le quotidien des habitants, multipliant les dégâts. À Salettes, un retraité raconte avoir perdu poules, lapins et même truites, avant de découvrir que ces « bestioles » au masque noir n’étaient ni blaireaux ni martres, mais bien des ratons laveurs. Longtemps absents du paysage français, ces animaux venus d’Amérique du Nord ont aujourd’hui colonisé plusieurs départements.
Une population en pleine explosion
Dans la région, les piégeurs évoquent une présence devenue massive. Plusieurs centaines d’animaux ont été recensés morts en Haute-Loire l’an dernier, signe d’une population bien plus importante. Sans véritables prédateurs et avantagée par des hivers de plus en plus doux, l’espèce se répand à grande vitesse. Les chasseurs observent une forte progression depuis sa première apparition en 2001, et font état de dégâts sur la faune locale : dans certains secteurs, des colonies d’oiseaux ont été presque anéanties. Dans les villages comme Goudet, les habitants se retrouvent à cohabiter avec des groupes de ratons laveurs qui renversent les poubelles, fouillent les composts et n’hésitent pas à s’approcher des habitations. Pour tenter de limiter leur présence, les communes font appel à des piégeurs, qui utilisent des appâts sucrés et des cages adaptées.
Des ravages jusque dans les vignes
La menace dépasse les basses-cours. À quelques kilomètres de là, un jeune viticulteur estime avoir perdu l’essentiel de sa vendange : les ratons laveurs ciblent les raisins juste au moment où le sucre se concentre, causant des pertes massives en quelques jours. Entre 2024 et 2025, ses récoltes sont passées de plusieurs centaines de kilos à presque rien, fragilisant son exploitation naissante. Partout en Haute-Loire, habitants et agriculteurs tentent de protéger leurs biens, mais les spécialistes sont formels : l’éradication pure et simple de cette espèce désormais bien installée semble hors de portée. Malgré son apparence attachante, le raton laveur est devenu un intrus redouté dans une campagne qui n’était pas préparée à son arrivée.