L’université Lyon 2 se retrouve à nouveau au cœur d’une tempête médiatique après la diffusion en ligne d’une liste de vingt personnalités publiques qualifiées de « génocidaires » par un professeur d’histoire médiévale. L’enseignant appelait à les « boycotter en toutes circonstances », une initiative qui a immédiatement déclenché un tollé, en particulier parce que la majorité des personnes visées sont de confession juive. Le chercheur, coutumier des prises de position tranchées sur les réseaux sociaux, affirme avoir réagi à une tribune signée en septembre par ces mêmes personnalités, lesquelles exhortaient Emmanuel Macron à ne pas reconnaître l’État palestinien sans conditions. L’affaire est venue enflammer une université déjà fragilisée par des tensions liées au conflit israélo palestinien et par plusieurs affaires similaires survenues ces derniers mois.
Des réactions politiques et communautaires en cascade
L’initiative du professeur a rapidement été dénoncée par le président du Crif, qui jugeait la démarche dangereuse puisqu’elle revenait, selon lui, à cibler individuellement des personnalités pour leurs opinions sur le Proche Orient, alors qu’un désaccord public aurait pu être exprimé sans accusations graves. Dans la foulée, Laurent Wauquiez, chef de file des Républicains à l’Assemblée nationale, s’emparait du sujet pour dénoncer ce qu’il considère comme un antisémitisme d’extrême gauche bien ancré dans certaines universités. L’ancien président de région rappelait avoir suspendu les financements régionaux de Lyon 2, estimant que cette polémique confirmait les dérives idéologiques observées sur le campus. Les réseaux sociaux se sont chargés d’amplifier l’affaire, cristallisant autour de l’université un débat national sur les limites admissibles de la liberté d’expression dans le cadre universitaire.
Une université en porte à faux face à des tensions récurrentes
Face à l’emballement, l’université a pris ses distances en rappelant que les propos du chercheur avaient été tenus à titre strictement personnel. La direction reconnaissait néanmoins être choquée par la méthode utilisée et refusait de cautionner une démarche jugée incompatible avec l’esprit du débat scientifique. L’enseignant, lui, persistait sur les réseaux sociaux, affirmant que ses détracteurs entretiendraient volontairement une confusion entre les notions de « juifs », « sionistes » et « partisans du génocide », confusion qu’il qualifiait d’antisémite pour retourner l’accusation contre ses critiques. Cette controverse intervient dans un climat déjà tendu. Quelques mois plus tôt, un intervenant avait été pris à partie en plein cours par des individus masqués l’accusant d’être « complice du génocide à Gaza », un incident qui avait nourri les inquiétudes sur la capacité de l’université à maintenir un cadre serein. Cette nouvelle affaire confirme la fragilité du climat autour des questions liées au conflit israélo palestinien, qui continue de fracturer une partie de la communauté universitaire.