À Marseille, l’opérateur Orange a décidé de fermer son site de Saint-Mauront pendant quinze jours, une mesure exceptionnelle justifiée par la montée des tensions dans le quartier. Les mille salariés ont été invités à télétravailler ou à rejoindre d’autres implantations de l’entreprise. Pour les représentants syndicaux, cette fermeture témoigne d’un climat devenu intenable autour du bâtiment, pourtant essentiel au fonctionnement du réseau télécom de la ville.
Travailleurs confinés et tirs entendus autour de Saint-Mauront
Selon la CFE-CGC, les salariés ont été confrontés ces derniers jours à des affrontements répétés entre bandes rivales autour des locaux. Certains employés disent avoir entendu des détonations et des coups de feu, ce qui a entraîné plusieurs épisodes de confinement. Le président de la CFE-CGC Orange évoque une ambiance de « guerre des gangs » et affirme que plusieurs collaborateurs n’envisagent plus de revenir. Dès ce vendredi, seuls les techniciens chargés des raccordements doivent encore accéder au site, les bureaux étant totalement fermés jusqu’au 14 décembre.
Les syndicats demandent davantage de protection
La situation a conduit d’autres organisations à tirer la sonnette d’alarme. La CFDT réclame l’éloignement temporaire des salariés, tandis que la CGT indique avoir déposé dès le 25 novembre un droit d’alerte pour Danger Grave et Imminent, demandant à la direction de sécuriser durablement les lieux. De son côté, la préfecture de police de Marseille tempère : elle affirme ne pas avoir relevé d’incident confirmé aux abords directs du site sur les quinze derniers jours, même si une intervention a bien eu lieu jeudi après un signalement. Elle assure que des patrouilles et des rondes supplémentaires seront déployées pour rassurer les riverains et les salariés.