Un garçon de 12 ans a été grièvement blessé par balle dans la nuit de samedi à dimanche à Grenoble, sur un point de deal du quartier Chorier-Berriat. Atteint au dos et aux jambes, il a été transporté à l’hôpital dans un état critique et placé dans le coma. Les enquêteurs privilégient l’hypothèse d’un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants. Une enquête pour tentative de meurtre a été confiée à la police judiciaire.
Un enfant au cœur d’une fusillade
Peu avant 3 heures, des habitants ont signalé plusieurs coups de feu suivis de la fuite d’un véhicule. Les secours ont découvert la victime en arrêt cardio-respiratoire, dans une zone du quartier non couverte par la vidéosurveillance. Neuf étuis de 9 mm ont été retrouvés sur place. Le jeune garçon, mineur isolé récemment repéré autour d’un point de deal, avait fugué à plusieurs reprises du foyer où il était hébergé. Il devait prochainement être entendu par la justice dans une affaire de stupéfiants. Son âge extrêmement jeune frappe les enquêteurs, qui évoquent l’un des cas les plus précoces recensés dans ce type de violence.
Une jeunesse ciblée par les réseaux
Les fusillades liées au narcotrafic sont devenues fréquentes dans l’agglomération grenobloise. Plusieurs règlements de comptes ont déjà fait des blessés depuis le début de l’année. L’an passé, un adolescent de 15 ans avait été tué dans des circonstances similaires en plein centre-ville. Selon les données de la Mildeca, les réseaux criminels recrutent des « petites mains » toujours plus jeunes, parfois dès dix ans, attirées ou piégées par des contacts sur les réseaux sociaux. Ces mineurs, extrêmement vulnérables, se retrouvent en première ligne dans un trafic devenu plus violent et instable.