L’après-midi de jeudi a basculé dans la violence près du Dôme, où un automobiliste de 20 ans a été abattu alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, une moto s’est portée à hauteur du véhicule avant que le passager ne descende pour ouvrir le feu à plusieurs reprises. Les secours, rapidement mobilisés, n’ont pu réanimer la victime. Le tireur et son complice ont pris la fuite aussitôt, laissant derrière eux plusieurs étuis de calibre 9 mm dispersés sur la chaussée. Les investigations ont été confiées à la DCOS, qui intervient désormais sur les dossiers de criminalité organisée. Aucun élément ne laisse penser que le jeune homme, inconnu des services de police et de justice, avait un lien direct avec des trafiquants ou des réseaux criminels. La scène, parfaitement exécutée, s’apparente à une attaque ciblée, menée avec une précision qui ne laisse guère de doute sur le caractère prémédité de l’opération.
Une famille déjà marquée par la criminalité et la pression des réseaux
Très vite, une dimension particulière a émergé : la victime est le frère cadet d’Amine Kessaci, figure engagée contre le narcotrafic à Marseille et fondateur de l’association Conscience, dont les actions visent à sensibiliser les jeunes aux ravages des réseaux. Son nom a également été porté sur les bancs politiques lorsqu’il s’est présenté sous l’étiquette écologiste du Nouveau Front populaire lors des dernières législatives. Cet engagement frontal lui vaut une exposition singulière dans une ville où les règlements de compte rythment les chroniques locales. Amine Kessaci vivait d’ailleurs sous protection policière depuis la publication d’un livre retraçant la mort d’un autre de ses frères, brûlé vif dans une voiture lors d’un règlement de comptes. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un message envoyé à son encontre figure parmi les pistes étudiées par les enquêteurs. Elle n’est ni confirmée ni écartée, mais les circonstances du meurtre orientent clairement la réflexion : un tir en pleine rue, un mode opératoire typique des équipes aguerries, et un moment choisi dans une zone très fréquentée.
Un secteur bouclé et une enquête qui s’annonce complexe
La zone a été immédiatement sécurisée, les forces de l’ordre établissant un périmètre autour du lieu des faits. Les équipes techniques ont procédé aux relevés sur la scène du crime, tentant de reconstituer le déroulé exact des tirs et de collecter un maximum d’indices matériels. Les caméras de surveillance du quartier, nombreuses autour du Dôme, devraient permettre d’affiner la chronologie et, peut-être, d’identifier la moto utilisée pour l’attaque. Les enquêteurs s’intéressent désormais à plusieurs éléments : la trajectoire du véhicule de la victime dans les minutes précédant la fusillade, les déplacements de la moto avant et après l’attaque, ainsi que d’éventuels repérages réalisés dans le secteur. L’environnement du jeune homme, décrit comme éloigné de tout réseau criminel, est par ailleurs étudié pour comprendre comment et pourquoi il a été visé. L’enquête ouverte pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs devra déterminer si ce meurtre relève d’une logique interne aux réseaux ou s’il constitue une opération destinée à intimider un membre de la famille engagée contre le narcotrafic. Dans une ville où les violences liées aux trafics atteignent chaque année de nouveaux sommets, cette affaire ajoute une tension supplémentaire à un paysage sécuritaire déjà saturé.