Le froid s’installe et les préfectures déclenchent le plan grand froid pour protéger les plus fragiles
Le froid s’installe et les préfectures déclenchent le plan grand froid pour protéger les plus fragiles

La baisse marquée des températures observée à l’approche de Noël a conduit plusieurs préfectures à activer le plan dit « grand froid ». Ce dispositif, déclenché dans de nombreux départements dès le 24 décembre, vise à renforcer la protection des personnes les plus exposées aux risques climatiques, en particulier celles vivant à la rue. L’objectif est clair, éviter que le froid ne transforme la précarité en urgence vitale, en mobilisant des moyens humains et logistiques supplémentaires. Ce plan repose sur une montée en puissance progressive, avec différents niveaux activés selon l’intensité des conditions météorologiques. Dans les territoires concernés, les autorités ont décidé d’anticiper la dégradation des températures en renforçant les maraudes, en élargissant les horaires des accueils de jour et en ouvrant des places supplémentaires d’hébergement d’urgence. Une réponse coordonnée, pensée pour couvrir l’ensemble des besoins immédiats, de la mise à l’abri à l’accompagnement social. Dans le Grand Est, plusieurs départements ont enclenché le premier niveau du plan. Les préfectures du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges ont annoncé un renforcement des dispositifs existants. Les maraudes associatives et celles du Samu social ont été intensifiées afin de repérer les personnes sans abri, leur proposer une mise à l’abri et distribuer des biens de première nécessité. Des places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes, complétées par des nuitées hôtelières lorsque les structures traditionnelles arrivent à saturation.

Des moyens renforcés dans le nord et l’ouest du pays

Dans les Hauts-de-France, la réponse a été encore plus appuyée dans certains territoires. La Somme a activé le niveau deux du plan grand froid, un seuil qui traduit une vigilance accrue. Les horaires des accueils de jour et des services d’urgence sociale ont été étendus, avec un renfort en personnel pour répondre à l’augmentation des signalements. Des dizaines de places hivernales supplémentaires ont été ouvertes, à destination aussi bien des personnes isolées que des familles. Dans le Nord, les services de l’État ont annoncé l’ouverture de plusieurs lieux de mise à l’abri d’urgence répartis dans différentes communes. Au total, plusieurs centaines de places supplémentaires ont été mobilisées afin de faire face à la période de grand froid. Le Pas-de-Calais a également renforcé ses dispositifs, en élargissant les horaires des accueils de jour et en multipliant les maraudes pour convaincre les personnes à la rue d’accepter un hébergement. Les autorités locales ont précisé que des nuitées hôtelières pouvaient être mobilisées sur l’ensemble du département si nécessaire, y compris pour les populations migrantes présentes dans le secteur de Calais. En Normandie, le plan grand froid a été déclenché dans plusieurs départements, notamment dans l’Orne, le Calvados et la Manche. 

Les maraudes, en particulier celles menées par la Croix-Rouge française, ont été renforcées

Les bénévoles distribuent couvertures, repas et boissons chaudes, tout en orientant les personnes vers des solutions d’hébergement lorsque cela est possible. Le déclenchement du plan permet également d’étendre les horaires de veille sociale assurés par les associations partenaires. Dans les Pays de la Loire, la Mayenne a à son tour activé le dispositif. À Laval, des places supplémentaires ont été ouvertes dans la halte de nuit, et les accueils de jour ont élargi leurs plages horaires. La préfecture indique pouvoir recourir à l’hébergement hôtelier si les capacités existantes s’avéraient insuffisantes, afin de garantir une mise à l’abri immédiate. À travers ces décisions, les pouvoirs publics rappellent que le numéro d’urgence sociale, le 115, reste le point d’entrée central pour toute demande d’hébergement. Le déclenchement du plan grand froid souligne une réalité persistante, celle de la vulnérabilité accrue des personnes sans logement face aux aléas climatiques. En période de fêtes, ces mesures visent à éviter que la rigueur hivernale n’aggrave encore des situations déjà marquées par l’exclusion et la précarité.

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