Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Skopje pour réclamer justice avant l’ouverture du procès lié à l’incendie du Pulse, une discothèque de Kocani où 63 jeunes ont perdu la vie le 16 mars. Le drame, provoqué par des artifices ayant embrasé le toit du club bondé, avait déclenché une panique meurtrière et fait plus de 200 blessés.
Un pays sous le choc face aux accusations de corruption et de négligence
Vêtus de noir, les proches des victimes ont marché jusqu’au tribunal pénal de Skopje en brandissant des photos de leurs disparus. Beaucoup accusent la corruption et la cupidité d’avoir rendu possible cette catastrophe. Les autorités ont confirmé que le club fonctionnait avec une licence inadaptée et présentait de graves violations des règles de sécurité.
Natalija Gjorgjieska, dont le mari, le musicien Andrej Gjorgjieski, est mort dans les flammes, exige que toute la vérité soit faite : « Où les erreurs ont-elles été commises, qui n’a pas agi, quelles institutions ont failli, qui devait prévenir et ne l’a pas fait ? »
Au total, 34 personnes sont poursuivies, dont le propriétaire de la discothèque, des agents de sécurité, plusieurs anciens maires de Kocani, des inspecteurs, des fonctionnaires et d’anciens ministres de l’Économie. Tous sont accusés de graves atteintes à la sécurité publique et risquent jusqu’à dix ans de prison.
Depuis des années, la Macédoine du Nord est pointée du doigt pour son niveau élevé de corruption. Transparency International la classait l’an dernier au 88e rang mondial, l’un des plus mauvais scores en Europe. Dans ce contexte, Bruxelles s’inquiète régulièrement de pratiques telles que les pots-de-vin destinés à contourner les licences ou ignorer les règles de sécurité, dénonçant ces dérives comme un sérieux frein à l’adhésion du pays à l’Union européenne.