L’avocat de la grand-mère d’Émile, l’enfant disparu le 8 juillet 2023 au Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), s’apprête à remettre de nouveaux éléments aux magistrats instructeurs. Plus de deux ans et demi après les faits, la procédure se poursuit à un rythme mesuré, tandis que le mois de novembre 2025 a été marqué par le retour des grands-parents sur les lieux de la disparition, une première depuis leur garde à vue du mois de mars 2025.
Dans un entretien accordé à La Provence, Me Julien Pinelli, conseil de la grand-mère, a confirmé qu’il allait transmettre à la justice des éléments complémentaires, en coordination avec Me Isabelle Colombani, avocate du grand-père. « L’objectif est effectivement de compléter l’enquête existante par de nouvelles investigations, notamment dans des lieux qui n’ont pas été explorés à ce jour, ou insuffisamment, selon nous », explique Me Pinelli.
Ces déclarations ont lieu alors que la dernière prise de parole officielle du parquet d’Aix-en-Provence remonte au 27 mars 2025. Ce jour-là, le procureur avait déclaré qu’« il n’y a rien de nouveau communicable » tout en précisant que « la cellule d’enquête reste active ». Lors de cette conférence de presse, il avait également révélé qu’Émile avait subi un « traumatisme facial violent », évoquant « la probable intervention d’un tiers », tout en soulignant que la piste familiale n’était « pas refermée ».
Trois mois plus tard, le 8 juillet 2025, après la levée de la garde à vue des grands-parents sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux, Me Pinelli avait estimé auprès de l’AFP qu’on pouvait « légitimement imaginer que les enquêteurs, désormais, explorent d’autres pistes, se mobilisent sur d’autres pistes que la piste intra-familiale ».
Une affaire marquée par des rebondissements successifs
Le dossier, suivi par de nombreux médias nationaux depuis sa révélation en 2023, dont Le Monde et Franceinfo, prend un tournant important en mars 2024. Le 28 mars, une « mise en situation », assimilable à une reconstitution, est organisée huit mois après la disparition du garçon. Trois jours plus tard, le 30 mars, le procureur annonce un développement majeur : la découverte d’ossements appartenant à Émile, retrouvés par une randonneuse à proximité du hameau du Vernet avant l’intervention de la gendarmerie.
Selon les précisions alors communiquées par le parquet, la découverte avait eu lieu dans une zone escarpée située en périphérie du village, déjà partiellement explorée lors des recherches initiales mais difficilement accessible.
Deux ans après les faits, des zones d’ombre subsistent
Pour rappel, Émile avait disparu le 8 juillet 2023 peu après 17 heures, alors qu’il séjournait dans la résidence secondaire de ses grands-parents. L’enfant venait d’arriver dans la journée pour passer une partie de ses vacances familiales. Sa disparition soudaine avait entraîné un vaste dispositif de recherches, mobilisant gendarmes, renforts spécialisés, drones, équipes cynophiles et habitants du secteur, comme l’avaient alors rapporté Le Dauphiné libéré et plusieurs antennes régionales de France Bleu.
Plus de deux ans après, l’enquête reste ouverte sous l’autorité des juges d’instruction d’Aix-en-Provence. L’initiative des avocats des grands-parents, qui souhaitent élargir le champ des recherches à des zones encore peu fouillées, vise désormais à relancer certaines pistes inexploitées.