Une violente explosion a secoué lundi après-midi une agence de l’assureur Allianz à Montluçon, dans l’Allier. L’engin, dissimulé dans un colis déposé dans la boîte aux lettres, a explosé lors de sa manipulation par un employé, blessant ce dernier aux bras et au thorax. L’enquête, ouverte pour tentative d’assassinat, s’annonce complexe : aucun suspect n’a encore été identifié et les motivations de l’auteur restent inconnues.
Un engin dissimulé dans la boîte aux lettres
L’explosion s’est produite peu après 14 heures, alors que l’agence ne recevait pas de public. Selon la préfecture de l’Allier, la déflagration est survenue « au moment de la relève du courrier », lorsqu’un collaborateur a manipulé un colis suspect. La victime, âgée de 34 ans, est le fils du directeur de l’agence. Touché au thorax et aux bras, il a été hospitalisé, son pronostic vital n’étant pas engagé. Deux autres personnes se trouvaient sur place, sans être blessées, mais ont été examinées par précaution. Le parquet de Cusset a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat, dégradation au moyen d’un engin explosif et association de malfaiteurs. Les démineurs de Lyon sont intervenus dans l’après-midi pour sécuriser les lieux et analyser les restes du dispositif. Les enquêteurs de la police judiciaire de Clermont-Ferrand sont désormais chargés des investigations, sous la supervision du pôle criminel de Cusset. Le parquet national antiterroriste, pour l’instant, reste simplement « en observation » du dossier.
Aucune piste privilégiée, mais un précédent à Toulouse
Pour l’heure, aucun élément ne permet d’établir le profil de l’auteur ou ses motivations. La piste d’un acte ciblé contre l’entreprise reste ouverte, d’autant qu’un incident similaire s’est produit quelques jours plus tôt à Toulouse, dans une autre agence Allianz. Dans la nuit du 5 au 6 novembre, des vitres avaient été brisées et un groupe anarchiste avait revendiqué l’attaque, dénonçant les liens supposés de l’assureur avec une entreprise israélienne d’armement. Toutefois, la justice précise qu’aucun lien n’a été établi entre les faits de Toulouse et ceux de Montluçon, aucun message de revendication n’ayant été reçu. Les enquêteurs analysent toujours les fragments de l’explosif pour déterminer son origine et son mode de fabrication. Dans un communiqué, le groupe Allianz a exprimé son soutien à la victime et condamné « avec la plus grande fermeté tout acte de violence ou comportement criminel dirigé contre ses collaborateurs, ses opérations ou ses biens ». La direction a affirmé que « la sécurité des employés et des partenaires est une priorité non négociable » et qu’elle coopère pleinement avec les autorités. À Montluçon, le calme est revenu mais l’inquiétude demeure. L’agence, située dans le centre-ville, reste sous surveillance policière le temps que les experts analysent les traces de l’explosion. Les habitants, eux, peinent à comprendre comment une telle attaque a pu frapper une petite ville habituellement paisible du centre de la France.