Évasion spectaculaire à Dijon, une femme incarcérée pour complicité en bande organisée
Évasion spectaculaire à Dijon, une femme incarcérée pour complicité en bande organisée

L’évasion a eu lieu dans un créneau très court, quelque part entre cinq et sept heures du matin, dans le quartier disciplinaire de la maison d’arrêt de Dijon. Les surveillants n’ont découvert l’absence des deux détenus qu’au moment de l’appel. Les hommes, placés en détention provisoire dans des affaires criminelles instruites hors de Dijon, ont quitté leur cellule après avoir scié leurs barreaux et brisé la vitre de protection située derrière, avant de se servir de draps pour franchir le mur d’enceinte. Leur fuite a immédiatement été qualifiée de préoccupante par les syndicats, qui évoquent des profils violents que la population préfère habituellement savoir sous surveillance. Les deux fugitifs n’étaient pas en lien l’un avec l’autre, mais se trouvaient tous deux isolés au sein du quartier disciplinaire depuis plusieurs jours. Le plus jeune, âgé de dix-neuf ans et originaire de Marseille, cumule une dizaine de condamnations dont des faits d’enlèvement et de séquestration. Il est mis en examen dans une enquête portant sur une expédition punitive à Montbéliard sur fond de trafic de stupéfiants, au cours de laquelle des tirs d’arme automatique avaient été signalés. Le second homme, âgé de trente-deux ans, est poursuivi pour violences aggravées sur sa conjointe. Tous deux ont utilisé les mêmes méthodes pour sortir du bâtiment, un scénario que les surveillants qualifient d’évasion à l’ancienne, rendu possible par une brève fenêtre entre deux rondes. La ronde de six heures dix a laissé un créneau avant la vérification suivante, permettant aux évadés d’achever leur opération en une trentaine de minutes.

Un mode opératoire favorisé par les livraisons clandestines de drones

Depuis plusieurs mois, les surveillants alertent sur les survols réguliers de drones au-dessus de la prison. Ces appareils déposent du matériel varié dans les cours, notamment des lames de scie qui sont saisies à intervalles réguliers lors des fouilles. Les agents estiment que les outils ayant servi à découper les barreaux proviennent très probablement de ces livraisons clandestines, pointant un phénomène devenu quasi quotidien. Dans les quartiers proches de la maison d’arrêt, certains habitants affirment repérer ces drones plusieurs fois par semaine au petit matin, toujours reconnaissables à une lumière rouge et à un bourdonnement caractéristique. L’administration pénitentiaire a fait intervenir dès l’aube l’équipe régionale d’intervention et de sécurité pour sécuriser les abords du site et filtrer les entrées. Sur place, les représentants syndicaux rappellent qu’ils alertaient déjà la semaine précédente sur les failles de sécurité, le manque de personnel et l’augmentation des survols nocturnes. Ils jugent que cette double évasion illustre les limites d’un système sous tension, alors même que le gouvernement a récemment annoncé un plan de renforcement dans plusieurs établissements jugés prioritaires. La maison d’arrêt de Dijon doit ainsi bénéficier d’un financement important destiné à limiter l’introduction de matériel illicite et à réduire l’usage de téléphones dans les cellules. Au sein de l’établissement, la reconstitution chronologique de l’évasion concentre l’attention des enquêteurs. La facilité avec laquelle les détenus ont pu scier les barreaux avant de franchir les dispositifs anti escalade laisse entrevoir une préparation préalable, peut être facilitée par des repérages lors du régime particulier du quartier disciplinaire où les détenus sont seuls en cellule. L’enquête en cours examinera également les éventuelles failles dans les tours de garde, le matériel introduit par drone et l’organisation interne au moment des faits. Les recherches se poursuivent dans tout le département pour retrouver les deux hommes, considérés comme dangereux.

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