La justice suisse a ordonné que Jacques Moretti, l’un des gérants du bar Le Constellation à Crans-Montana, reste en détention préventive pour au moins trois mois.
L’homme, de nationalité française, est mis en cause par les autorités du canton du Valais dans cette tragédie qui a profondément marqué la Suisse. Selon les premières constatations, la justice helvétique a estimé qu’il existait un risque de fuite, justifiant ainsi le maintien en détention provisoire dans l’attente de la suite de l’instruction.
Un bilan humain terrible
L’incendie avait éclaté lors de la soirée du Nouvel An vers 1h30 dans le sous-sol du bar Le Constellation, situé dans cette station de ski prisée. Les autorités suisses ont précisé que nombre des victimes étaient jeunes, y compris des adolescents, et que plus de 116 personnes avaient été blessées, certaines grièvement, nécessitant des transferts vers des unités spécialisées dans plusieurs pays européens.
Selon l’enquête en cours, l’incendie pourrait avoir été déclenché par des feux d’artifice portatifs ou des étincelles de champagne, qui auraient mis le feu à des matériaux isolants inflammables au plafond du bar. Les procureurs examinent également les conditions de sécurité du local, notamment l’absence ou l’insuffisance de systèmes anti-incendie et la configuration des voies d’évacuation, qui pourraient avoir contribué à l’ampleur du sinistre.
Outre Jacques Moretti, son épouse, co-propriétaire de l’établissement, a été entendue par le ministère public, mais contrairement à lui, elle n’a pas été placée en détention provisoire. Elle est notamment restée libre après avoir exprimé des excuses publiques pour les victimes selon des sources suisses.
Une instruction pénale pour homicide par négligence
L’instruction pénale, ouverte pour des chefs tels que homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, se poursuit et doit permettre d’établir précisément les responsabilités individuelles et institutionnelles dans ce qui est considéré comme un des pires accidents de la décennie en Suisse.
Les autorités ont parallèlement engagé une réflexion plus large sur les normes de sécurité dans les établissements accueillant du public, après que des inspections obligatoires n’auraient pas été réalisées depuis plusieurs années, selon des responsables locaux.