La nuit a été particulièrement agitée à Fréterive, où une coulée de boue a traversé le village et provoqué l’interruption totale du trafic ferroviaire entre Chambéry et Albertville. Sur place, les équipes de SNCF Réseau ont constaté dès l’aube qu’un important volume d’eau et de terre s’était accumulé contre le remblai, atteignant parfois près d’un mètre autour de la voie. Aucun train n’a pu circuler lundi matin dans les deux sens, obligeant les autorités à mettre en place des cars de substitution pour assurer les déplacements. La RD201, qui longe la zone impactée, a, elle aussi, été fermée par mesure de sécurité, tout comme un chemin voisin où la coulée s’est déversée. Les opérations de reconnaissance et de dégagement mobilisaient encore les services spécialisés, chargés d’évaluer la stabilité des talus avant d’envisager une reprise progressive des transports. Cette brusque montée de terrain avait surpris les riverains endormis, réveillés par un bruit sourd annonçant les premiers débordements.
Trois habitations touchées et un couple évacué au cœur de la nuit
La coulée de boue a frappé trois maisons situées en contrebas de la zone boisée qui surplombe le village. L’une d’elles a été inondée, entraînant l’évacuation de ses deux occupants qui avaient d’abord été confinés à l’étage en attendant l’intervention des secours. L’un d’eux indiquait avoir entendu les pierres rouler contre les murs avant de découvrir la boue envahissant brutalement le rez-de-chaussée. Le jardin avait été entièrement recouvert par la coulée, les vignes disparaissant sous l’épaisseur du dépôt. Des véhicules entreposés sur la propriété se retrouvaient coincés ou partiellement ensevelis, ce qui compliquait les premières tentatives de dégagement. Dès le lever du jour, une pelleteuse s’affairait à dégager l’accès pour sécuriser les lieux. Les services municipaux confirmaient que les habitants évacués avaient été pris en charge à la mairie, le temps d’organiser une solution d’hébergement temporaire. La commune évaluait encore l’étendue des dégâts matériels, notamment au niveau des infrastructures routières qui avaient subi la pression de la coulée.
Un village sous tension face aux risques naturels et à un chantier qui s’annonce lourd
Les autorités locales insistaient sur le fait que l’ensemble des habitants concernés étaient désormais hors de danger. La maire évoquait toutefois les défis à venir, expliquant que les ouvrages de drainage devraient être renforcés pour éviter de nouveaux débordements lors d’épisodes similaires. Ce chantier pourrait peser lourdement sur le budget de la commune, qui appelait l’État à soutenir les travaux de consolidation nécessaires. Les relevés topographiques et hydrologiques devaient déterminer si d’autres zones présentaient un risque de fragilité, la coulée ayant montré la rapidité avec laquelle un versant pouvait se dégrader. Les responsables de la circulation prévenaient que la RD201 resterait fermée tant que les conditions de sécurité ne seraient pas réunies, tandis que la SNCF ne pouvait avancer aucune date de reprise du trafic. Cette nouvelle perturbation venait rappeler la vulnérabilité des infrastructures alpines face aux mouvements de terrain, souvent déclenchés par la saturation des sols après plusieurs jours de pluie.