Depuis début avril, des cimetières de Bretagne et du sud de la Mayenne se réveillent avec un goût de cendre. Pierres tombales abîmées, plaques funéraires brisées, stèles fendues, ornements arrachés… La scène se répète, la nuit faisant son oeuvre loin des regards. Plusieurs communes sont concernées, de Nivillac à La Guerche-de-Bretagne, de Bais à Retiers, de Congrier à Ballots, avec un même constat au matin: des familles heurtées dans ce qu’elles ont de plus intime.
Ce qui intrigue autant que cela écœure, c’est le scénario qui semble se dessiner. Les auteurs s’intéresseraient surtout au bronze, ce métal qui se revend bien et se remplace mal, avec notamment des statuettes de la Vierge Marie descellées puis dérobées dans plusieurs localités, comme Fontaine-Couverte ou La Roë. À force de constater les mêmes absences sur les mêmes supports, les élus parlent d’une série, les habitants d’une profanation, et chacun comprend qu’il ne s’agit pas seulement de « petits dégâts » sur du mobilier communal.
La piste du bronze, et la colère froide des communes
La piste du bronze, et la colère froide des communes À Saint-Jacques-de-la-Lande, en Ille-et-Vilaine, le maire dit avoir constaté trois saccages en moins d’une semaine. Il décrit des dégradations qui ne ressemblent même plus à du vol, mais à de la casse gratuite, le genre de geste qui laisse une trace dans les esprits bien après que les gravats ont été ramassés. Un épisode rapporté fait particulièrement grimacer: un crucifix aurait été utilisé pour briser une stèle. Le symbole est lourd, la méthode brutale, et l’on voit bien ce que cela raconte d’un rapport au sacré réduit à un simple outil.
Pour l’heure, les motivations restent floues et l’enquête doit dire s’il s’agit d’une même équipe itinérante ou d’actes opportunistes, au fil des villages, au fil des clôtures mal fermées. Dans un contexte où les actes antichrétiens sont signalés en hausse, les maires et les familles déposent plainte, évaluent les réparations et réclament des réponses, sans grand discours mais avec une attente nette: retrouver les responsables et remettre un peu d’ordre là où le recueillement devrait être la seule loi. Reste cette impression tenace, dans l’Ouest comme ailleurs, d’une frontière qui se déplace, doucement, entre le respect et le saccage.
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