Le 26 décembre 1862, à Mankato dans le Minnesota, 38 Amérindiens dakotas sont pendus simultanément devant une foule de plusieurs milliers de personnes. Cette exécution collective, ordonnée à l’issue d’une insurrection armée, constitue la plus grande mise à mort de masse jamais réalisée par les autorités des États Unis. Elle marque la fin brutale de la guerre des Sioux de 1862, aussi appelée guerre de Little Crow.
Une insurrection née de la faim et des traités bafoués
À l’été 1862, les Dakotas de la vallée de la rivière Minnesota vivent dans une situation de détresse extrême. Les traités successifs signés avec le gouvernement fédéral ont réduit leurs territoires, tandis que les rentes promises tardent à être versées. La famine menace. Le 17 août 1862, après une altercation, un jeune Dakota tue plusieurs colons. Dans la nuit, un conseil de chefs décide d’attaquer les établissements blancs de la région. Le chef sioux Little Crow prend la tête du soulèvement.
Les combats s’étendent rapidement dans la vallée du Minnesota. Des centaines de colons sont tués, tandis que l’armée américaine intervient pour réprimer l’insurrection. En quelques semaines, les Dakotas sont vaincus, et plus d’un millier d’hommes, de femmes et d’enfants sont faits prisonniers.
Des procès expéditifs et une exécution exemplaire
À l’automne 1862, 392 prisonniers dakotas sont jugés par des tribunaux militaires. Les procédures sont sommaires, souvent expédiées en quelques minutes, sans véritable défense. 303 hommes sont condamnés à mort. Le président Abraham Lincoln, alerté par l’ampleur des condamnations, ordonne une révision des dossiers. Il décide finalement de confirmer 38 peines, concernant des hommes accusés d’avoir participé à des massacres de civils.
Le 26 décembre 1862, à Mankato, un immense échafaud est dressé. À dix heures du matin, les 38 condamnés sont pendus en même temps, sous les cris d’une foule venue assister à ce qu’elle considère comme une vengeance légitime. Après l’exécution, les Dakotas survivants sont expulsés du Minnesota vers des territoires plus à l’ouest, et leurs réserves sont supprimées par le Congrès. Cet événement scelle durablement le destin des peuples sioux dans la région et demeure l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire américaine du XIXe siècle.