Erin Patterson, l’Australienne reconnue coupable d’avoir tué trois membres de sa famille après leur avoir servi un repas contenant des champignons mortels, a déposé un recours pour faire annuler sa condamnation. Selon les documents publiés mercredi par la Cour suprême de Victoria, la quadragénaire a officiellement demandé l’autorisation d’interjeter appel, invoquant plusieurs irrégularités survenues lors de son procès.
Âgée de 51 ans, Patterson a été condamnée en juillet dernier à la prison à vie, assortie d’une période de sûreté de 33 ans l’une des plus lourdes jamais infligées à une femme en Australie. Elle avait été jugée coupable du meurtre de sa belle-mère Gail Patterson, de son beau-père Donald Patterson et de la sœur de cette dernière, Heather Wilkinson, ainsi que de la tentative de meurtre sur le mari de celle-ci, Ian Wilkinson, seul survivant du repas tragique organisé en 2023 à Leongatha, une petite ville du sud-est du pays.
Les victimes avaient été empoisonnées après avoir consommé un bœuf Wellington contenant des amanites phalloïdes, l’un des champignons les plus toxiques au monde. L’affaire, aussi macabre que mystérieuse, avait fasciné l’opinion publique australienne et suscité une couverture médiatique internationale. Patterson a toujours nié toute intention criminelle, affirmant que l’empoisonnement était un accident.
Dans sa demande d’appel, elle soutient que le procès a été entaché d’une « irrégularité fondamentale », citant notamment le fait que les membres du jury auraient logé dans le même hôtel que les représentants de la police et du parquet durant leurs délibérations. Ses avocats dénoncent également l’admission de certaines preuves jugées « non pertinentes ou injustement préjudiciables », dont des données de géolocalisation et des messages échangés sur Facebook.
Patterson affirme par ailleurs avoir été soumise à un contre-interrogatoire « oppressif » et accuse le ministère public d’avoir modifié sa thèse en fin de procès pour évoquer un mobile financier, ce qui aurait, selon elle, conduit à un « déni de justice ».
Le parquet, de son côté, a également fait appel, estimant que la peine infligée était « manifestement insuffisante » compte tenu de la gravité des faits. La cour doit désormais examiner la recevabilité de la demande d’appel avant d’autoriser, ou non, l’ouverture d’un nouveau procès.
L’affaire Patterson, souvent surnommée dans la presse australienne « le drame des champignons », continue de diviser l’opinion, entre ceux qui y voient un empoisonnement délibéré et ceux qui doutent encore de sa culpabilité dans cette tragédie familiale sans précédent.