Le restaurant Kokorico situé avenue des Ternes, dans le XVIIe arrondissement de Paris, a été gravement dégradé dans la nuit de jeudi à vendredi. Les deux niveaux de l’établissement ont été aspergés d’un liquide corrosif, provoquant d’importants dégâts matériels. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en retenant la circonstance aggravante liée à un mobile antisémite.
Les faits ont été découverts vendredi matin par les employés arrivant pour prendre leur service. La porte d’entrée avait été forcée et une forte odeur chimique se dégageait des lieux. Tables, murs et sols étaient recouverts d’une poudre blanchâtre, tandis que couverts, verres et équipements présentaient des traces de corrosion avancée. Les secours ont été immédiatement alertés.
Une qualification pénale aggravée
Les sapeurs-pompiers ont mobilisé une unité spécialisée dans les risques chimiques afin de sécuriser les lieux. Des techniciens du Laboratoire central de la préfecture de police ont procédé à des prélèvements. Les premières analyses orientent vers l’usage d’un acide, des expertises complémentaires étant en cours.
Le parquet a ouvert une enquête pour « dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », une infraction passible de quinze ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d’amende. L’établissement avait déjà été visé par des dégradations similaires en octobre 2025, sans que les auteurs ne soient identifiés. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 1 320 actes antisémites ont été recensés en France en 2025. Le restaurant restera fermé le temps des opérations de décontamination.