Une grand-mère et son petit-fils de 5 ans ont péri brûlés dans la bande de Gaza après l’incendie de leur tente, illustrant une nouvelle fois la gravité de la crise humanitaire qui frappe les Palestiniens vivant dans des abris de fortune en plein hiver. Le drame s’est produit jeudi soir dans le quartier de Yarmouk, où la tente en nylon de la famille a pris feu lors d’une opération de cuisine, selon un voisin.
Alors que l’année 2026 débute, le cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis environ douze semaines, a mis fin à une grande partie des bombardements israéliens de grande ampleur. Toutefois, des Palestiniens continuent d’être tués par des tirs israéliens, notamment près de la « ligne jaune » délimitant les zones sous contrôle israélien, tandis que les conditions hivernales aggravent la situation humanitaire.
Ces dernières semaines, des pluies froides et répétées ont frappé les vastes camps de tentes de Gaza, provoquant des inondations, transformant les routes en bourbiers et entraînant l’effondrement de bâtiments fragilisés par les bombardements. L’UNICEF indique qu’au moins six enfants sont morts de causes liées aux conditions météorologiques, dont un enfant de 4 ans décédé lors de l’effondrement d’un immeuble. Le ministère de la Santé de Gaza fait état d’au moins trois enfants morts d’hypothermie, alors que les températures nocturnes sont parfois descendues autour de 6 à 8 degrés Celsius.
Les organisations humanitaires estiment que l’aide entrant à Gaza reste insuffisante, en particulier en matière d’abris. Des données publiées par l’armée israélienne suggèrent que les engagements du cessez-le-feu, prévoyant l’entrée quotidienne de 600 camions d’aide, n’ont pas été respectés, une affirmation contestée par Israël. Les inquiétudes se sont également accrues après la suspension par Israël des activités de plusieurs dizaines d’organisations humanitaires internationales, ce qui complique encore l’acheminement de tentes et de matériaux essentiels.
Dans le camp de Yarmouk, où de nombreuses familles vivent dans des tentes en nylon installées près d’une décharge, Ashraf al-Suwair a raconté s’être réveillé au milieu des cris lorsque ses voisins ont alerté sur l’incendie. Il a souligné que le nylon s’enflamme très facilement et a appelé à des solutions d’hébergement plus sûres pour protéger les habitants, en particulier les enfants.
Vendredi, l’actrice et productrice américaine Angelina Jolie s’est rendue au point de passage de Rafah, côté égyptien, où elle a rencontré des membres du Croissant-Rouge avant de visiter un hôpital dans la ville d’Al-Arish pour s’entretenir avec des patients palestiniens, selon des responsables égyptiens. Seul passage reliant Gaza à un pays autre qu’Israël, Rafah reste fermé malgré les appels palestiniens à sa réouverture afin de permettre l’évacuation des malades et des blessés vers des soins spécialisés indisponibles dans l’enclave.
La question de la réouverture du passage demeure hautement sensible. Israël affirme qu’il n’autorisera la sortie de Palestiniens de Gaza qu’après le retour de tous les otages capturés lors de l’attaque du 7 octobre 2023, dont les restes d’un otage se trouveraient toujours dans l’enclave. L’Égypte, de son côté, plaide pour une ouverture immédiate dans les deux sens, tout en s’opposant fermement à toute réinstallation permanente de réfugiés palestiniens sur son territoire.
Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes et musulmans, dont l’Égypte, le Qatar et l’Arabie saoudite, ont exprimé leurs inquiétudes face à la situation humanitaire à Gaza, évoquant un accès insuffisant à l’aide et de graves pénuries de fournitures vitales. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 416 personnes ont été tuées et plus de 1 100 blessées à Gaza, selon le ministère de la Santé, portant le bilan total palestinien depuis le début de la guerre à plus de 71 000 morts.
En Cisjordanie occupée, l’armée israélienne poursuit également ses opérations. Des médias palestiniens ont fait état de dizaines d’arrestations lors de raids menés notamment à Ramallah et Hébron, dans un contexte de tensions persistantes depuis le début du conflit.