Le marché immobilier européen a repris des couleurs en 2025, avec une hausse des transactions dans 17 pays sur 20. La baisse des taux d’intérêt a libéré une demande longtemps contenue, tandis que la Croatie reste le seul pays à afficher un recul pour la quatrième année consécutive.
Les données d’Eurostat dressent un tableau contrasté mais globalement positif : entre 2024 et 2025, les ventes de logements ont progressé dans 17 des 20 pays européens suivis. L’amplitude des variations va d’un recul de 4,1 % en Croatie à une hausse de 29,9 % en Slovénie.
La Slovénie affiche donc la plus forte progression annuelle en pourcentage, mais aussi le marché le plus étroit du panel, avec seulement 11 000 transactions enregistrées. Derrière elle, la Lituanie (+22,8 %), l’Autriche (+21,4 %) et la Belgique (+20,2 %) franchissent toutes le seuil des 20 %.
D’autres pays ont connu des hausses à deux chiffres : le Luxembourg (+18,6 %), la Hongrie (+17,3 %), les Pays-Bas (+13,9 %), le Danemark (+12,7 %), la France (+11,2 %) et le Portugal (+10,5 %). La Lettonie, la Finlande et la Norvège progressent quant à elles d’environ 8 à 9 %.
La France se distingue par le volume brut de ses transactions : plus d’un million de logements ont changé de mains en 2025, un chiffre qui la place largement en tête des 14 pays pour lesquels des données complètes sont disponibles. Les prix, eux, n’ont progressé que de 0,1 % entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. « La France a enregistré l’un des retournements de tendance les plus marquants, passant d’un recul en 2024 à une croissance en 2025 », note Mikk Kalmet, conseiller immobilier chez Global Property Guide. Aux Pays-Bas, 265 000 logements ont été vendus, tandis que la Hongrie, la Belgique, le Portugal et la Norvège se situent chacun entre 130 000 et 160 000 transactions.
L’Espagne, autre grande économie du continent, affiche une hausse plus modeste de 5,4 %, mais maintient une croissance positive pour la deuxième année consécutive, ce que Kalmet interprète comme le signe d’une demande « relativement résiliente ».
Trois pays enregistrent des baisses : la Croatie (-4,1 %), la Bulgarie (-2,5 %) et la Pologne (-1,1 %). En 2024, six pays étaient en recul ; ils ne sont plus que trois en 2025. La Croatie cumule quatre années consécutives de baisse des ventes, malgré des prix en hausse de 14,3 % et une progression des loyers de 39,1 % sur un an, la plus forte d’Europe. « La Croatie est le seul pays à avoir affiché des baisses sur les deux années, ce qui montre que des facteurs internes continuent de peser sur le marché malgré la reprise plus large observée en Europe », souligne Kalmet.
L’explication de fond tient largement à la politique monétaire. La stabilisation de l’Euribor et des taux bancaires à partir de fin 2024 a redonné de la visibilité aux acheteurs qui avaient différé leur projet. « Les transactions résidentielles sont principalement influencées par l’accessibilité des prêts hypothécaires, les taux d’intérêt, le revenu des ménages, l’emploi, la confiance des consommateurs et l’offre de logements », rappelle Kalmet. Ce dernier pointe toutefois un frein structurel persistant : les coûts de construction élevés et un niveau limité d’activité dans le neuf continuent de contraindre l’offre sur l’ensemble du continent.
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