Insolite - Un sous-marin russe fait surface juste devant un chalutier breton en pleine pêche
Insolite – Un sous-marin russe fait surface juste devant un chalutier breton en pleine pêche

Samedi dernier, un événement aussi spectaculaire qu’inattendu s’est produit dans la Manche. Un sous-marin militaire russe a fait surface juste devant un chalutier breton, le Belenos, alors en pleine activité de pêche. Le navire, basé à Roscoff, opérait dans une zone située entre les côtes françaises et les îles anglo-normandes.

L’équipage a été témoin d’une scène pour le moins inhabituelle : un imposant submersible noir, de type militaire, a émergé à seulement quelques dizaines de mètres du chalutier. Les marins, stupéfaits, ont saisi l’opportunité de photographier l’engin.

Une opération sous contrôle militaire

Ce sous-marin faisait l’objet d’une surveillance étroite de la part de la Marine nationale. Une frégate multimissions, stationnée à Brest, avait pour mission de suivre l’unité tout au long de son transit dans les eaux françaises. Une fois passé dans le nord de la Manche, le relais aurait été pris par la Royal Navy britannique.

La préfecture maritime a précisé que la navigation de ce type de navire militaire étranger dans les eaux internationales proches des côtes françaises était connue à l’avance et encadrée par les dispositifs habituels de surveillance maritime.

Mystère autour du sous-marin

Aucune confirmation officielle n’a été apportée sur l’identité exacte du sous-marin. Cependant, les premières analyses des photos prises par l’équipage du Belenos suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un modèle de classe Kilo, un type de sous-marin diesel-électrique utilisé par la marine russe. Ces engins sont capables de mener des missions de reconnaissance ou d’attaque, et sont fréquemment déployés depuis la base navale de Tartous, en Syrie.

Ce type de sous-marin, discret et compact, est souvent utilisé pour des missions de transit ou de retour vers la mer de Barents, en passant par Gibraltar puis la Manche. Ce parcours est régulièrement emprunté par les unités russes en période de repli ou de rotation.

Une présence russe de plus en plus fréquente

Depuis plusieurs mois, la présence navale russe en Atlantique Nord et en Manche a fortement augmenté. Alors qu’une trentaine de transits étaient observés chaque année avant 2022, les autorités françaises estiment aujourd’hui ce chiffre à près d’une cinquantaine. La majorité de ces passages sont encadrés par la Marine nationale et ses alliés au sein de l’OTAN.

L’augmentation du trafic militaire russe dans la région s’explique par un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine, la réorganisation des forces russes en Méditerranée, et la montée en vigilance des puissances occidentales dans leurs zones maritimes stratégiques.

La Marine nationale rassurante

Du côté des autorités françaises, cet épisode est considéré comme une situation maîtrisée, bien que peu banale. La Marine nationale a rappelé que ses moyens étaient mobilisés en permanence pour assurer la sécurité des approches maritimes du territoire national. Les armateurs et pêcheurs sont régulièrement informés des consignes de sécurité et de comportement en cas de rencontre avec un navire militaire étranger.

L’armement Porcher, propriétaire du Belenos, a refusé de commenter publiquement l’incident, invoquant la nécessité de respecter la confidentialité des opérations en mer et la coordination avec les autorités militaires.

Une scène rare dans les eaux bretonnes

Pour les marins à bord du chalutier, cette rencontre restera gravée dans les mémoires. Voir surgir un sous-marin militaire en pleine mer, à si courte distance, constitue un fait exceptionnel, même pour des professionnels aguerris. Si l’événement n’a pas mis en danger le navire ni son équipage, il illustre clairement le niveau de tension et d’activité militaire qui règne actuellement dans les eaux européennes…

Partager