La décision contre les droits de douane de Trump ravive l’incertitude dans les relations commerciales sino-américaines
La décision contre les droits de douane de Trump ravive l’incertitude dans les relations commerciales sino-américaines

L’annulation par la Cour suprême des vastes droits de douane imposés par Donald Trump ajoute une nouvelle zone d’incertitude aux relations déjà complexes entre Washington et Pékin. Les deux puissances tentent d’éviter une guerre commerciale ouverte, tout en cherchant à préserver leurs positions respectives avant un sommet très attendu entre les deux dirigeants.

Si la décision judiciaire semble, en apparence, renforcer la position de la Chine dans les négociations, plusieurs analystes estiment que Pékin restera prudent. Le président américain a déjà annoncé son intention d’imposer un tarif mondial temporaire de 10 %, relevé ensuite à 15 %, et d’explorer d’autres bases légales pour maintenir des droits de douane. « Cela donnera un avantage moral à la Chine dans les discussions, mais Pékin se prépare à l’éventualité que rien ne change réellement », estime Sun Yun, du Stimson Center.

Donald Trump continue de présenter les droits de douane comme un outil nécessaire face à la Chine, qu’il considère comme le principal défi économique, technologique et militaire des États-Unis. Il a accusé Pékin d’avoir accumulé des excédents commerciaux massifs aux dépens de Washington, tout en affirmant entretenir une « excellente relation » avec le président Xi Jinping. La Maison Blanche a confirmé que M. Trump se rendra en Chine du 31 mars au 2 avril.

Du côté chinois, le ton reste mesuré. Le porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington a déclaré que les guerres tarifaires ne servaient les intérêts d’aucune des deux parties et a appelé à davantage de stabilité dans les relations commerciales bilatérales. Selon plusieurs experts, Xi Jinping devrait éviter de brandir publiquement la décision de la Cour suprême et privilégier le maintien d’une trêve commerciale fragile conclue après plusieurs cycles de négociations.

Cette trêve, scellée après un sommet en Corée du Sud en octobre, prévoit un tarif de base de 10 % pour une durée d’un an, après une escalade qui avait vu les droits de douane dépasser les 100 %. Washington avait notamment imposé 20 % de taxes sur des produits chinois en invoquant le rôle présumé de Pékin dans le trafic de précurseurs chimiques du fentanyl, avant de réduire ce taux dans le cadre des discussions.

Malgré la décision de la Cour suprême, l’administration Trump dispose d’autres leviers juridiques. Une enquête en cours du représentant américain au commerce sur le respect par la Chine d’accords précédents pourrait servir de fondement à de nouvelles mesures. Certains élus démocrates appellent déjà à une stratégie plus ferme et coordonnée avec les alliés des États-Unis pour répondre aux pratiques commerciales jugées déloyales de Pékin.

Dans ce contexte, Pékin semble parier sur la possibilité de convaincre Donald Trump d’assouplir certains tarifs en échange d’engagements d’achats supplémentaires ou d’autres concessions. Mais la décision de la Cour suprême, loin de clarifier la situation, laisse planer une incertitude supplémentaire sur l’avenir des relations commerciales entre les deux premières économies mondiales.

Partager