Crans-Montana : un élan de solidarité européen autour des dons de cheveux pour les grands brûlés. (DR)
Crans-Montana : un élan de solidarité européen autour des dons de cheveux pour les grands brûlés. (DR)

Quinze jours après l’incendie dramatique qui a frappé Crans-Montana, en Suisse, une chaîne de solidarité s’est mise en place à l’échelle européenne. Des professionnels de la coiffure, principalement en France mais aussi dans d’autres pays voisins, collectent des cheveux afin de permettre la confection de perruques médicales destinées aux victimes brûlées. Cette mobilisation, née presque spontanément, s’organise aujourd’hui autour de salons submergés par les dons et de spécialistes confrontés à des besoins encore difficiles à quantifier.

À Cavaillon, un salon transformé en centre de collecte

Dans le Vaucluse, le Salon de Mady a vu son quotidien bouleversé après un message publié le 8 janvier sur les réseaux sociaux. Sa gérante, Madison Linden, a proposé une coupe gratuite aux personnes acceptant de donner leurs cheveux pour aider les blessés de l’incendie de Crans-Montana, qui a causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés dans un établissement suisse lors de la nuit du Nouvel An.

Depuis cet appel, les rendez-vous s’enchaînent et les courriers remplis de mèches affluent. « J’offre la coupe et seuls le shampoing et le brushing sont à la charge des clients. Je pensais que ça intéresserait uniquement mes clients habituels, mais non ça attire du monde : je reçois plein des dizaines de messages de gens qui ne sont jamais venus », explique la coiffeuse, dépassée par l’ampleur de la réponse.

Les dons sont cependant soumis à des critères précis. Les cheveux doivent mesurer au moins 20 centimètres, être en bon état, naturels ou colorés, mais sans balayage ni mèches. Les longueurs supérieures à 30 centimètres sont particulièrement recherchées, car elles permettent la fabrication de perruques plus adaptées aux situations médicales complexes.

Une mobilisation qui dépasse les frontières françaises

La diffusion massive de l’appel a rapidement entraîné l’adhésion d’autres salons de coiffure, désireux de participer à cette action solidaire.

À l’origine de cette dynamique se trouve Cindy Blanc, perruquière médicale installée à Martigny, en Suisse. Spécialisée depuis une quinzaine d’années dans l’accompagnement des personnes souffrant de perte de cheveux liée à la maladie, elle raconte avoir été contactée directement par des particuliers souhaitant faire don de leurs cheveux après le drame. « L’idée est venue de particuliers qui m’ont spontanément contactée pour me proposer de donner leurs cheveux pour les victimes de Crans-Montana, après être tombés sur un ancien appel aux dons que j’avais fait il y a quelques mois », explique-t-elle.

Habituellement, les cheveux collectés par le salon de Cavaillon sont orientés vers des circuits solidaires permettant de financer des perruques pour des personnes atteintes de cancer ou de pelade. « Cette fois-ci, je me suis dit qu’il fallait récolter des dons spécifiquement pour ces personnes, car il risque en effet d’y avoir des besoins importants », souligne la coiffeuse.

Des besoins encore incertains pour les victimes

Si la mobilisation est massive, les professionnels avancent encore sans visibilité précise. Les brûlures touchant le cuir chevelu nécessitent souvent des dispositifs sur mesure, avec des délais de fabrication longs et des matériaux spécifiques.

Face à cette incertitude, les dons continuent d’être encouragés, les acteurs de terrain préférant anticiper une demande importante plutôt que de se retrouver démunis. Cette mobilisation, portée par des gestes simples mais concrets, s’inscrit dans le temps long de la reconstruction pour les victimes de l’un des incendies les plus meurtriers survenus en Suisse ces dernières années.

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