Les gigantesques incendies qui ravagent actuellement le Canada n’ont pas seulement un impact local. Depuis plusieurs jours, des nuages de fumée ont traversé l’Atlantique, voilant le ciel d’une grande partie de l’Europe, France incluse. Un phénomène impressionnant, mais faut-il s’en inquiéter pour autant ?
Des fumées visibles, mais en altitude
Selon le service Copernicus, les panaches issus des feux au Manitoba et en Saskatchewan ont parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour atteindre l’Europe. Résultat : un ciel laiteux observé dans de nombreuses régions françaises, en particulier dans le Sud-Est. Dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, les fumées ont été observées à une altitude de 4 000 mètres, bien en dessous des 9 000 initialement annoncés. Ce mardi 10 juin, elles circulaient majoritairement entre 1 000 et 3 000 mètres. À ces altitudes, le risque pour la santé est, en principe, limité. Copernicus se veut rassurant : la fumée ne devrait pas affecter significativement la qualité de l’air au sol. Mais des variations locales existent.
Une qualité de l’air dégradée dans le Sud-Est
Atmosud, l’observatoire de la qualité de l’air en région Sud-Paca, a lancé une alerte pollution pour l’est des Hautes-Alpes, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, avec une qualité de l’air jugée « mauvaise » à « dégradée ». En cause : des particules fines PM10 issues des panaches canadiens. Ces particules, bien qu’invisibles, peuvent s’infiltrer profondément dans les voies respiratoires et provoquer irritations, inflammations ou complications chez les personnes sensibles (asthmatiques, malades cardiaques…). L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) rappelle que les effets à court terme peuvent aller de simples gênes respiratoires à des hospitalisations en cas de pathologies chroniques. Les particules en question contiennent des substances toxiques comme le benzène, le formaldéhyde ou encore des métaux lourds.
Les bons réflexes à adopter
Pour limiter les risques, l’Ademe recommande d’éviter les efforts physiques intenses à l’extérieur, surtout près des axes routiers, et de privilégier les sorties en dehors des heures de pointe. À la maison, il faut continuer à aérer deux fois par jour, même en cas de pollution, pour éviter l’accumulation d’autres polluants intérieurs. Si l’inquiétude grandit face à ces nuages venus de loin, les experts s’accordent pour dire que leur impact sanitaire reste localisé et modéré. Une situation à surveiller, mais pas de quoi sombrer dans l’alarme généralisée.