Le marché du travail s’est dégradé au 4e trimestre 2025, selon les dernières données publiées par France Travail et la Dares. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) progresse de 2,6 % sur le trimestre pour atteindre 3,3 millions de personnes, soit 84 200 inscrits supplémentaires. Sur un an, la hausse est encore plus marquée, à +6,8 %, confirmant un retournement défavorable après plusieurs trimestres plus stables.
Si l’on additionne les catégories A, B et C (demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, avec ou sans activité réduite), le total frôle désormais 5,7 millions. Sur le trimestre, l’ensemble A+B+C augmente de 1 %, et de 4,8 % sur l’année 2025, un niveau qui alimente les inquiétudes sur la solidité de la reprise économique.
Réforme RSA et baisse des radiations : une lecture statistique plus complexe
Les services statistiques rappellent toutefois que ces évolutions doivent être interprétées avec prudence. Depuis le 1er janvier 2025, l’inscription automatique des allocataires du RSA dans les fichiers de France Travail modifie structurellement les effectifs. À cela s’ajoute la réforme du régime de sanctions entrée en vigueur en juin 2025, qui a provoqué une chute spectaculaire des radiations, passées d’environ 45 000 au 1er trimestre à 2 300 seulement sur les trois derniers mois de l’année.
Ces deux facteurs rendent les comparaisons plus délicates et gonflent mécaniquement les volumes d’inscrits. Pour isoler la dynamique réelle du marché du travail, la Dares publie donc une lecture « corrigée » des effets de réforme.
Une hausse “conjoncturelle” confirmée, signe d’un marché du travail sous tension
Même après correction, la Dares constate une hausse conjoncturelle : la catégorie A progresse de 2 % sur le trimestre et de 1,7 % sur un an, soit environ +40 000 personnes. Pour les catégories A+B+C, la hausse corrigée est de +1,6 % sur un an, indiquant que la remontée ne relève pas uniquement d’un effet administratif.
Cette tendance reflète, selon les analystes, un durcissement de la conjoncture dans un contexte économique ralenti et politiquement instable en fin d’année 2025. Malgré les biais liés aux réformes, les séries corrigées pointent une réalité : le chômage repart à la hausse et la tension sur l’emploi s’installe de nouveau.