Une nouvelle attaque sanglante a frappé vendredi l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, où des hommes armés ont tué au moins six personnes et enlevé plus d’une centaine d’autres, selon des témoignages locaux et des responsables. Cette région est depuis plusieurs années en proie à la violence de gangs armés surnommés « bandits », qui sèment la terreur dans les campagnes en multipliant les enlèvements contre rançon.
L’assaut a eu lieu dans la communauté rurale de Kairu, peu après 10h40 GMT. « Ils sont arrivés et ont commencé à tirer dans tous les sens », a déclaré à Reuters Abubakar Isa, un habitant du village dont l’épouse figure parmi les personnes enlevées. Selon lui, l’attaque a été brutale et rapide, semant la panique parmi les résidents.
Hamisu Faru, député local de la région, a confirmé l’ampleur de l’attaque et a évoqué un bilan d’au moins 100 personnes enlevées, parmi lesquelles de nombreuses femmes et enfants. « Alors que je vous parle, ils fouillent encore les maisons et emmènent des gens », a-t-il ajouté, soulignant la gravité de la situation et l’impuissance des forces de sécurité locales face à ce phénomène.
Depuis plusieurs années, Zamfara est devenu l’un des épicentres de la violence dans le nord du Nigeria. Les bandes armées, qui ne revendiquent généralement pas d’idéologie politique ou religieuse, agissent principalement pour des gains financiers. Leurs attaques ont entraîné des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, tout en perturbant gravement l’agriculture et les transports dans cette région déjà frappée par la pauvreté.
Les autorités nigérianes ont lancé plusieurs opérations militaires pour tenter d’endiguer cette vague de criminalité, mais les résultats se font attendre. L’insécurité chronique compromet les efforts de développement et alimente un sentiment de méfiance envers le gouvernement central.
Face à cette nouvelle tragédie, les appels se multiplient pour une réponse urgente et coordonnée des autorités nigérianes afin de garantir la sécurité des populations et obtenir la libération des otages. Aucun groupe n’a encore revendiqué l’attaque de Kairu, mais les méthodes employées sont similaires à celles des bandes armées déjà actives dans la région.