Marée noire dans le delta du Niger : une rupture de l’oléoduc Trans Niger provoque une nouvelle catastrophe écologique
Marée noire dans le delta du Niger : une rupture de l’oléoduc Trans Niger provoque une nouvelle catastrophe écologique

YENAGOA — Une rupture de l’oléoduc Trans Niger, l’une des principales infrastructures pétrolières du Nigeria, a provoqué un déversement de pétrole brut dans la communauté de B-Dere, en Ogoniland, dans le sud du pays, selon une organisation de défense de l’environnement. Il s’agit du deuxième incident majeur touchant ce pipeline en l’espace de deux mois.

La marée noire s’est produite le 6 mai, mais une semaine plus tard, aucune mesure d’arrêt ou de nettoyage efficace n’a encore été entreprise, a déploré Nnimmo Bassey, directeur exécutif de la fondation Health of Mother Earth. Il a dénoncé la lenteur de la réaction, la qualifiant « d’inadmissible » et révélatrice d’un mépris envers les populations locales. « Une simple étincelle pourrait provoquer une catastrophe bien plus grave », a-t-il mis en garde.

L’Ogoniland, région historiquement exploitée pour son pétrole brut, souffre depuis des décennies de pollution chronique. Malgré des milliards de dollars générés, les communautés locales restent marginalisées, exposées à des déchets toxiques, sans véritable compensation ni réparation. Les appels récurrents au nettoyage complet de la région, lancé notamment par un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement en 2011, peinent à trouver un écho dans les politiques publiques.

Le consortium nigérian Renaissance Group, qui a racheté en mars les anciens actifs terrestres de Shell, dont l’exploitation du pipeline Trans Niger, a confirmé l’incident. Il a précisé qu’une équipe d’enquêteurs avait été dépêchée pour établir l’origine de la fuite, sans toutefois indiquer si le pipeline avait été fermé depuis.

Le Trans Niger Pipeline, d’une capacité d’environ 450 000 barils par jour, est crucial pour l’exportation du brut Bonny Light, l’un des plus prisés du pays. Une interruption prolongée de ses opérations pourrait entraîner une déclaration de force majeure sur les exportations.

Le sabotage des pipelines et le vol de pétrole restent endémiques dans la région, poussant de nombreuses compagnies étrangères comme Shell, ExxonMobil, Total ou Eni à céder leurs activités onshore pour se concentrer sur les gisements en eaux profondes. La société Renaissance Group regroupe plusieurs entreprises nigérianes d’exploration et de production, ainsi que le groupe international Petroline.

Alors que les dégâts écologiques s’aggravent et que la colère monte dans les communautés affectées, l’incident relance une fois de plus le débat sur l’avenir de l’exploitation pétrolière dans le delta du Niger.

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