L’Afrique du Sud envisage de remettre en service son projet de réacteur modulaire à lit de boulets (PBMR) d’ici le premier trimestre de 2026, a annoncé mercredi le ministre de l’Électricité et de l’Énergie, Kgosientsho Ramokgopa. Cette initiative marque une tentative de renaissance d’un programme nucléaire de pointe que le pays avait interrompu en 2010, après des années de recherche et plus de 10 milliards de rands investis, sans aboutir à la construction d’un prototype fonctionnel.
Le PBMR (Pebble Bed Modular Reactor) avait fait de l’Afrique du Sud l’un des pionniers mondiaux des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), une technologie aujourd’hui de nouveau prisée pour sa flexibilité et sa sécurité. Ce type de réacteur est conçu pour produire de l’électricité à plus petite échelle, avec des coûts et des risques moindres que les centrales conventionnelles. « Nous sommes très avancés dans nos processus internes pour justifier la levée des travaux d’entretien et de maintenance du PBMR », a déclaré Ramokgopa lors d’un point de presse au Cap.
Le ministre a souligné que cette relance s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à diversifier le mix énergétique national et à réduire la dépendance au charbon, qui reste aujourd’hui la principale source d’électricité du pays. Le Plan intégré des ressources (IRP) 2025, qui doit être publié cette semaine, prévoit l’ajout de plus de 105 gigawatts de nouvelle capacité de production d’ici 2039, dont plus de la moitié proviendrait des énergies renouvelables.
La compagnie publique Eskom, qui exploite actuellement la seule centrale nucléaire commerciale d’Afrique à Koeberg, près du Cap, serait un acteur clé de cette relance. Parallèlement, d’autres pays africains — comme l’Égypte, la Namibie, le Niger et le Ghana — explorent également la voie du nucléaire civil, preuve d’un regain d’intérêt pour cette technologie sur le continent.
« Nous voyons d’énormes opportunités à l’échelle mondiale, notamment avec les grands investisseurs et les opérateurs de centres de données qui s’intéressent aux petits réacteurs modulaires », a ajouté Ramokgopa. Ces réacteurs, capables d’alimenter des sites industriels isolés ou des infrastructures énergivores, sont perçus comme une solution prometteuse pour garantir la sécurité énergétique tout en limitant les émissions de carbone.
Avec cette relance, l’Afrique du Sud espère non seulement réduire ses fréquentes pénuries d’électricité, mais aussi se repositionner comme un acteur technologique majeur du nucléaire civil en Afrique et au-delà.