UE : fin annoncée des insecticides à base d’acétamipride pour les particuliers (rawpixel)
UE : fin annoncée des insecticides à base d’acétamipride pour les particuliers (rawpixel)

C’est une page qui se tourne dans les placards à produits ménagers. L’Union européenne vient d’acter la disparition progressive des insecticides domestiques contenant de l’acétamipride, puissant neurotoxique de la famille des néonicotinoïdes. Ces biocides, utilisés contre fourmis, cafards ou autres nuisibles, ne seront plus autorisés à la vente au-delà du 31 janvier 2027. Une tolérance de six mois prolongera leur commercialisation jusqu’au 30 juillet 2027, mais leur usage sera définitivement interdit à compter du 31 janvier 2028. La décision résulte d’un constat simple : aucun industriel n’a déposé de demande de renouvellement auprès de l’Agence européenne des produits chimiques. L’autorisation en cours expire début 2027 et ne sera donc pas prolongée. Pour l’ONG Génération Futures, très active dans la dénonciation des pesticides néonicotinoïdes, cette échéance doit marquer un pas supplémentaire vers une interdiction totale, y compris en agriculture.

Un produit au cœur des polémiques agricoles

L’acétamipride n’est pas totalement inconnu du grand public. Son nom a resurgi au cœur des débats sur la loi Duplomb, qui visait à alléger les contraintes pesant sur les agriculteurs. Le texte initial prévoyait une réintroduction encadrée de ce produit, interdit dans les champs français depuis 2018 mais encore autorisé dans l’Union jusqu’en 2033 pour un usage agricole. Le Conseil constitutionnel a finalement retoqué cette disposition en août, alimentant un bras de fer entre filières agricoles et associations de défense de l’environnement. Les producteurs de betteraves et de noisettes continuent de réclamer cet insecticide qu’ils jugent indispensable à leurs cultures. Les apiculteurs, eux, dénoncent un « tueur d’abeilles » et rappellent les dégâts provoqués par les néonicotinoïdes sur les pollinisateurs. Entre pressions économiques et impératifs écologiques, l’acétamipride reste un symbole des contradictions européennes en matière de pesticides.

Une transition inévitable mais encore floue

Pour les particuliers, l’interdiction imminente signifie la fin d’un usage courant. Reste à savoir par quoi ces produits seront remplacés. Si certains biocides alternatifs existent déjà, leur efficacité et leur impact sur l’environnement restent sujets à débat. Les prochaines années devront donc clarifier si l’Europe accompagne réellement cette interdiction par une politique cohérente de substitution, ou si les consommateurs se tourneront vers d’autres solutions moins encadrées. En attendant, l’acétamipride vivra ses derniers mois dans les rayons avant de rejoindre la longue liste des substances bannies d’un marché en pleine mutation.

Que retenir rapidement ?

C’est une page qui se tourne dans les placards à produits ménagers. L’Union européenne vient d’acter la disparition progressive des insecticides domestique

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