Les autorités britanniques doivent se préparer de toute urgence à un réchauffement climatique d’au moins 2 degrés Celsius d’ici le milieu du siècle, ont averti mercredi les conseillers climatiques du gouvernement. Selon eux, le pays est gravement sous-préparé face à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes déjà observés à travers le territoire.
Le Comité sur le changement climatique (CCC), organisme indépendant qui conseille Londres sur ses politiques environnementales, estime que même si les objectifs mondiaux de réduction des émissions étaient atteints, une hausse d’au moins 2°C par rapport aux niveaux préindustriels reste désormais inévitable. Les experts appellent donc à renforcer rapidement les infrastructures, les réseaux énergétiques et les systèmes de santé pour faire face à des vagues de chaleur plus fréquentes, à la montée des eaux et à la dégradation des sols.
Le Royaume-Uni a enregistré cette année son été le plus chaud depuis le début des relevés, un épisode marqué par des températures records dépassant les 40°C dans certaines régions. Ces conditions extrêmes ont eu des conséquences notables sur la santé publique, provoquant une hausse des décès liés à la chaleur, ainsi que sur l’agriculture et les réseaux d’eau, plusieurs zones ayant été placées en état de sécheresse.
Le CCC prévient que les progrès du pays en matière d’adaptation climatique sont largement insuffisants. Les investissements dans la prévention des inondations, la protection des habitats naturels et la résilience énergétique restent trop limités. « Les impacts du changement climatique ne sont plus un risque futur : ils se produisent maintenant et vont s’aggraver », ont souligné les conseillers dans leur rapport.
Le gouvernement britannique affirme avoir intensifié ses efforts pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, notamment par le développement des énergies renouvelables et la décarbonation des transports. Toutefois, les experts insistent sur le fait que la réduction des émissions ne suffira pas : une planification nationale d’adaptation est désormais indispensable pour éviter des pertes humaines et économiques considérables dans les décennies à venir.