Créé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1867, le Parc des Buttes-Chaumont est l’un des plus vastes et des plus spectaculaires espaces verts de la capitale. Aménagé comme un jardin à l’anglaise, il se distingue par ses reliefs marqués, ses falaises artificielles, ses cascades, sa grotte et ses belvédères offrant des vues saisissantes sur Paris. Mais derrière cette esthétique romantique se cache une fragilité structurelle ancienne, qui impose aujourd’hui un vaste programme de travaux appelé à durer plusieurs années.
Un parc emblématique né de l’Exposition universelle
Situé dans le nord-est parisien, le parc s’étend sur près de 25 hectares. Sa création est confiée, au XIXe siècle, à l’ingénieur Adolphe Alphand, accompagné des paysagistes Jean-Pierre Barillet-Deschamps et Édouard André. Leur ambition est alors de transformer un site industriel dégradé en un paysage pittoresque inspiré des jardins anglais, multipliant les effets de relief, les points de vue et les circulations sinueuses. Le résultat devient rapidement l’un des parcs les plus singuliers de Paris.
Des sols fragiles hérités des anciennes carrières
Dès son ouverture, le parc présente toutefois une vulnérabilité majeure. Il a en effet été aménagé sur d’anciennes carrières de gypse, un sous-sol instable sujet aux affaissements et aux infiltrations d’eau. Au fil des décennies, ces faiblesses ont entraîné des glissements de terrain et une dégradation progressive des structures. Certaines zones ont déjà dû être fermées au public pour des raisons de sécurité, illustrant l’urgence d’une intervention de grande ampleur.
Un programme de travaux jusqu’à l’horizon 2031
Pour enrayer ces désordres, un chantier majeur doit être lancé à partir de 2027. L’objectif est de consolider durablement les sols, de stopper les mouvements de terrain et de restaurer plusieurs éléments patrimoniaux emblématiques. Sont notamment concernés le Temple de la Sybille, les ponts, les allées, la grotte et la cascade, dont le rocaillage doit retrouver son aspect d’origine du XIXe siècle. Les réseaux d’eau et le mobilier seront également rénovés, tandis que les arbres remarquables feront l’objet de mesures de protection spécifiques. Le chantier, entièrement financé par la Ville de Paris, représente un investissement estimé à près de 85 millions d’euros. Il devrait s’étaler sur six à sept ans, avec une attention particulière portée à l’îlot central du Belvédère, qui sera entièrement consolidé. Malgré l’ampleur des travaux, certaines parties du parc devraient rester accessibles au public afin de préserver l’usage de cet espace vert emblématique tout au long du chantier.