À paris, la promesse de baignades dans la Seine, projet emblématique de Anne Hidalgo et des Jeux olympiques de Paris 2024, s’est transformée en fiasco. Selon une enquête du Figaro, la baignade a été interdite 13 jours sur 31 au mois de juillet, soit quasiment un jour sur deux, en raison d’un niveau de pollution bactériologique supérieur aux seuils autorisés par les normes sanitaires européennes.
Une eau non conforme plus de 40 % du mois
Les données publiées par la Mairie de Paris, confirmées par la préfecture de police et l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, révèlent que des taux élevés d’Escherichia coli et d’entérocoques intestinaux, deux indicateurs clés de la qualité sanitaire de l’eau, ont conduit à plusieurs interdictions temporaires de baignade dans les trois zones ouvertes au public : le bras Marie à proximité de l’île Saint-Louis, la zone de Bercy et le bassin de la Villette.
D’après l’analyse des prélèvements hebdomadaires consultables sur le site du Plan baignade de Paris, la pollution a été exacerbée par les fortes précipitations et les débordements du réseau d’assainissement, malgré les efforts réalisés pour limiter les rejets.
Un projet colossal : 1,4 milliard d’euros
Le chantier de dépollution de la Seine, entamé en 2016 et présenté comme un héritage écologique des Jeux olympiques, a mobilisé plus de 1,4 milliard d’euros d’investissement public. Cette somme englobe notamment : la construction du réservoir d’Austerlitz, un immense bassin de rétention souterrain de 50 000 m³ mis en service au printemps 2024, le raccordement de plus de 23 000 péniches et bateaux-logements au réseau d’assainissement, ainsi que la rénovation de plusieurs stations d’épuration en amont de Paris.
Une fréquentation bien en deçà des attentes
Malgré les promesses d’une Seine « baignable pour tous », la fréquentation des sites autorisés a été limitée. Selon Le Figaro, environ 35 000 personnes ont profité des zones de baignade durant tout le mois de juillet 2025. À titre de comparaison, la Ville de Paris tablait initialement sur 100 000 baigneurs mensuels en période estivale.
Les fermetures fréquentes, la vigilance météorologique, et les doutes persistants sur la qualité de l’eau ont dissuadé une grande partie du public…