Les procureurs de l’État du Mato Grosso, au Brésil, ont ouvert une enquête sur l’utilisation illégale de bois indigène comme source de combustible dans l’industrie de l’éthanol à base de maïs, un secteur en plein essor dans le pays.
Selon le parquet local, certaines entreprises utiliseraient du bois provenant de forêts protégées pour alimenter les chaudières servant à transformer le maïs en biocarburant, une pratique contraire aux réglementations environnementales brésiliennes. L’association Arefloresta, qui regroupe des acteurs du reboisement dans l’État, estime que plus de 50 % du bois consommé par les producteurs d’éthanol proviendrait d’espèces indigènes, souvent issues de coupes illégales.
Ces révélations interviennent alors que le Mato Grosso, principal producteur agricole du Brésil, fait déjà face à une forte pression liée à la déforestation à la frontière entre l’Amazonie et le Cerrado. Les images satellites montrent une accélération des coupes et des incendies dans plusieurs zones proches des exploitations de maïs et de soja.
Le groupe FS, l’un des plus grands producteurs d’éthanol de maïs du pays, a réagi en assurant que ses 87 000 hectares de forêts plantées suffisaient à couvrir ses besoins en biomasse, affirmant ainsi respecter les normes environnementales en vigueur.
L’enquête du parquet pourrait toutefois relancer le débat sur la durabilité réelle des biocarburants brésiliens, souvent présentés comme une alternative écologique au pétrole, mais dont la chaîne de production reste étroitement liée à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes amazoniens.