Face à la vague de chaleur qui frappe la France, EDF a mis à l’arrêt trois réacteurs nucléaires dimanche, représentant 3,65 GW de capacité, pour éviter de rejeter une eau trop chaude dans des cours d’eau déjà surchauffés. Sept autres unités pourraient voir leur production réduite dans les prochains jours.
Les réacteurs concernés sont l’unité 2 de la centrale de Golfech (1 300 MW), l’unité 3 de Bugey (900 MW) et l’unité 2 de Chooz (1 450 MW). Ensemble, ils totalisent environ 6 % des 61 GW du parc nucléaire français. Selon les prévisions météorologiques actuelles, Bugey 3 devrait rester à l’arrêt jusqu’au 19 juillet, Golfech 2 jusqu’au 22 juillet et Chooz 2 jusqu’au 25 juillet, des délais susceptibles d’évoluer selon la météo.
Le mécanisme en cause est bien connu : les centrales nucléaires puisent l’eau des fleuves et rivières pour refroidir leurs réacteurs, puis la restituent réchauffée au milieu naturel. Lorsque les températures des cours d’eau grimpent sous l’effet de la canicule, les seuils réglementaires de rejet thermique peuvent être dépassés. « Il n’y a pas de risque pour la sûreté nucléaire. Les réacteurs sont capables de fonctionner en conditions de fortes chaleurs. Ces seuils visent à protéger la flore et la faune aquatiques », a indiqué un porte-parole d’EDF.
Le ministère de l’Économie a toutefois accordé samedi une dérogation temporaire aux seuils de température applicables au Rhône autour de la centrale de Bugey, valable jusqu’au 20 juillet, « afin de garantir la sécurité du réseau électrique ».
C’est le troisième épisode de forte chaleur à toucher la France depuis mai. Dimanche, plus d’un tiers du territoire se trouvait sous le niveau d’alerte canicule le plus élevé de Météo-France. EDF avait déjà dû stopper des réacteurs lors d’un épisode caniculaire record en juin, faisant de cet arrêt dominical le deuxième du genre en quelques semaines.
Sur le long terme, l’impact reste mesuré selon le groupe : depuis 2000, les pertes de production liées aux températures élevées des rivières et aux faibles débits ont représenté en moyenne 0,3 % de la production annuelle du parc nucléaire français. EDF assure néanmoins disposer d’un plan d’adaptation au changement climatique, dont le coût a été estimé à 8,7 milliards d’euros sur quinze ans, communiqué début 2026.
Parmi les pistes envisagées figure le refroidissement de l’eau issue des tours de refroidissement avant son rejet dans l’environnement, un dispositif déjà opérationnel à la centrale de Civaux. Pour l’hydroélectricité, EDF travaille à améliorer la gestion des crues et le maintien de la production lors des étiages. Dans les territoires insulaires, le groupe renforce ses réseaux électriques et sa capacité à faire face à des épisodes de vents extrêmes.
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