Le projet de ligne à très haute tension entre le Gard et les Bouches-du-Rhône continue d’avancer, même si la Direction régionale de l’Environnement a averti que plusieurs espèces d’oiseaux protégées pourraient en pâtir. Selon une note rendue publique, les risques pour la biodiversité sont jugés « significatifs », notamment dans les zones traversant la réserve naturelle de Camargue. Malgré ces mises en garde, le gestionnaire du réseau électrique maintient son calendrier et affirme que des dispositifs installés sur les câbles suffiront à réduire les collisions. Les associations, elles, se préparent à un recours pour tenter d’empêcher l’implantation des 180 pylônes prévus.
Des balises jugées insuffisantes pour protéger les oiseaux
Les lignes à très haute tension doivent permettre de renforcer l’alimentation électrique du port de Fos-sur-Mer dans une logique de décarbonation. Le projet prévoit l’installation de balises diurnes et nocturnes destinées à rendre les câbles visibles pour les oiseaux, une solution que l’opérateur juge éprouvée. Le responsable du chantier assure que ces dispositifs seront améliorés pour fonctionner aussi bien le jour que la nuit. Mais la Dreal (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) estime que ces équipements ne permettent pas d’éviter les collisions dans un secteur où circulent flamants roses, hérons, cigognes et autres espèces sensibles. Les services de l’État considèrent que seule l’enfouissement partiel de la ligne garantirait une meilleure protection de la faune. Cette option, plus coûteuse et plus longue, n’entre toutefois pas dans les exigences fixées pour le projet de transition énergétique.
Un chantier maintenu malgré les critiques environnementales
L’opérateur souligne que l’enfouissement ne respecterait ni les contraintes techniques ni les délais fixés. Il évoque aussi la nécessité éventuelle d’expropriations et la construction de nouveaux postes électriques, qui rallongeraient encore la durée des travaux. Le calendrier annoncé reste inchangé, avec un début de chantier espéré début 2027 et une mise en service en 2029. Si l’hypothèse de l’enfouissement était imposée, la ligne n’entrerait pas en fonction avant 2032. Les conclusions de la commission du débat public sont attendues à la mi-décembre, tandis que les associations environnementales se disent prêtes à porter l’affaire devant la justice pour tenter de préserver l’une des zones naturelles les plus emblématiques de France.