Accusé à tort par Bolsonaro d’avoir incendié l’Amazonie, un écologiste brésilien est désormais financé par Leonardo DiCaprio (AP)
Accusé à tort par Bolsonaro d’avoir incendié l’Amazonie, un écologiste brésilien est désormais financé par Leonardo DiCaprio (AP)

Ce qui aurait pu ruiner sa vie est devenu une bénédiction inattendue. En 2019, l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro avait faussement accusé l’acteur Leonardo DiCaprio d’avoir financé des ONG prétendument responsables d’incendies dans l’Amazonie. Parmi elles figurait Saúde e Alegria (« Santé et Bonheur »), dirigée par l’activiste Caetano Scannavino, qui œuvre depuis plus de trente ans pour le développement durable des communautés amazoniennes.

Les conséquences avaient alors été graves : quatre amis de Scannavino, pompiers volontaires, furent emprisonnés pendant deux jours avant d’être blanchis ; son ONG fut fouillée de fond en comble, sa voiture incendiée, et lui-même menacé. Mais cette campagne de diffamation attira finalement l’attention… de DiCaprio lui-même.

« Quand les accusations sont sorties, DiCaprio a affirmé qu’il ne nous finançait pas, mais qu’après avoir vu notre travail, il a décidé de nous soutenir », explique Scannavino, 59 ans. Depuis cinq ans, l’acteur finance plusieurs projets à travers son organisation environnementale Re:wild. « Je ne l’ai jamais rencontré, mais il utilise ses réseaux pour mettre en lumière nos actions », confie l’activiste à l’Associated Press.

Basée à Santarém, dans l’État du Pará, l’ONG Saúde e Alegria a d’abord offert des services médicaux aux villages isolés avant d’étendre ses activités au développement communautaire. Parmi les projets financés figure l’EcoCenter de l’économie forestière, une plateforme de transformation et de commercialisation de produits locaux visant à rendre l’exploitation durable plus rentable. Ce centre, inauguré en 2024, a coûté près de 5 millions de réais (environ 940 000 dollars), financés en grande partie par le Fonds Amazonie, auquel contribuent le Brésil, l’Allemagne et la Norvège.

« Les premiers jours après l’accusation ont été terribles », se souvient Scannavino. « Mais contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, les gens se sont rapprochés de nous. Même DiCaprio. »

À la veille de la COP30, qui s’ouvrira à Belém, capitale de l’État du Pará, Scannavino prévoit de rencontrer les représentants de Re:wild et peut-être enfin Leonardo DiCaprio en personne.

Dans un message publié cette semaine sur Instagram, l’acteur a exhorté les dirigeants mondiaux à « unir leurs forces et répondre à l’urgence » en soutenant ceux qui défendent la nature, tout en annonçant de nouveaux financements pour la protection des forêts.

Quant à Scannavino, il voit dans ce parcours paradoxal un symbole : « Nos détracteurs sont des spécialistes de la haine. Nous avons choisi de rester polis, de prouver que nous travaillons avec tout le monde police, armée, communautés locales. Nous ne pouvions pas abandonner notre mission à cause d’une accusation absurde. »

Aujourd’hui, celui que Bolsonaro avait désigné comme ennemi de la nation s’apprête à représenter, à la COP30, un modèle de résilience amazonienne et de coopération internationale.

Que retenir rapidement ?

Ce qui aurait pu ruiner sa vie est devenu une bénédiction inattendue. En 2019, l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro avait faussement accusé l’acteur

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