Ce lundi 23 juin 2025, à l’aube, une vingtaine de militants du mouvement Extinction Rebellion ont organisé un blocus humain devant la préfecture de la Manche, à Saint-Lô. Objectif de cette « action de désobéissance civile » : dénoncer le projet d’extension de serres industrielles à tomates à Isigny-le-Buat, porté par la société AgroCare. Préparée dans la discrétion, l’opération a débuté vers 7h30. Les militants, cagoulés et parfois déguisés en tomates, se sont enchaînés par deux aux grilles de la préfecture, les verrouillant eux-mêmes avant l’arrivée du vigile. Tandis que des slogans étaient inscrits à la craie et suspendus aux grilles, la police, venue peu après, a observé la scène sans interpellation. À 9 heures, les manifestants avaient quitté les lieux.
Un projet toujours contesté malgré une première suspension
AgroCare, entreprise néerlandaise, avait déjà vu son projet bloqué par la préfecture en novembre 2024 pour insuffisances agroenvironnementales. Mais une nouvelle demande, remaniée, est sur le point d’être déposée. Elle prévoit de réduire la surface prévue de 20 à 16 hectares, promet des cours de français pour les employés étrangers logés sur place, et propose un mécénat de 300 000 euros pour la restauration de l’église locale. Pour Extinction Rebellion, ces aménagements restent insuffisants. Le collectif, composé en majorité de paysans et artisans, s’inquiète de l’artificialisation de terres agricoles et humides par des serres hors sol, chauffées, et de la spéculation foncière dans le Sud-Manche, où l’hectare de terre aurait été multiplié par six à dix. Les deux porte-parole présents, Charlotte et Robin, alertent sur les conséquences écologiques et sociales du projet. Ils rappellent que le préfet a le pouvoir de le refuser et appellent à faire de lui un allié pour préserver les terres et freiner un modèle qu’ils jugent destructeur.