La commission d’enquête parlementaire sur l’usage de TikTok par les mineurs a rendu son rapport, pointant les effets de l’application sur la santé mentale des adolescents. Si, en théorie, elle est interdite aux moins de 13 ans, la réalité est tout autre : 64 % des 12-15 ans déclarent la consulter quotidiennement. Selon l’Arcom, ils y passent en moyenne 40 heures par mois, soit près d’1 h 20 par jour. La majorité des collégiens dispose déjà d’un compte, parfois bien avant l’âge légal. Le temps passé sur la plateforme est souvent bien supérieur aux intentions affichées, avec des sessions qui dépassent facilement plusieurs heures. Les mécanismes d’autolimitation restent rares et le contrôle parental apparaît inégal ou contournable.
Entre divertissement et exposition aux risques
Les contenus consultés vont de la danse aux tutoriels en passant par l’information, avec une logique de défilement infini qui renforce l’addiction. Les jeunes admettent la coexistence de contenus enrichissants et d’autres potentiellement dangereux. Le réseau social occupe une place centrale dans leur vie sociale, présenté comme un outil indispensable pour rester en lien et ne pas se sentir exclu. Si les adultes s’inquiètent de l’influence de TikTok, les adolescents soulignent davantage leur capacité à se protéger eux-mêmes et leur intérêt pour des campagnes de sensibilisation. Interdire la plateforme ne leur paraît pas une solution réaliste. Pour eux, la priorité est de mieux apprendre à distinguer les contenus fiables et à gérer leur temps d’écran.