577627
577627

Ce mardi 28 octobre 2024, la Knesset, le Parlement israélien, a adopté une loi interdisant les activités de l’Unrwa, l’agence onusienne dédiée aux réfugiés palestiniens, sur son territoire, y compris à Jérusalem-Est. Cette décision, soutenue par une large majorité de parlementaires israéliens, a suscité une vive réaction de la communauté internationale, notamment des Nations unies, des États-Unis et de plusieurs pays européens, en raison des potentielles conséquences humanitaires.

Fondée en 1949 par l’Assemblée générale de l’ONU, l’Unrwa a pour mission d’assister les réfugiés palestiniens, dont le nombre avoisine aujourd’hui les 5,9 millions, en leur fournissant des services de base comme l’éducation, les soins de santé, et l’aide alimentaire. Elle est particulièrement active à Gaza et en Cisjordanie, où elle gère des écoles, des centres de santé et fournit des abris et de la nourriture aux populations vulnérables. Pour de nombreux acteurs internationaux, l’Unrwa est essentielle pour répondre aux besoins des Palestiniens, en particulier à Gaza, où la situation humanitaire est déjà critique.

Les raisons avancées par Israël

Israël critique de longue date l’Unrwa, l’accusant de favoriser les positions du Hamas, le mouvement islamiste palestinien. Selon le gouvernement israélien, des employés de l’agence seraient affiliés à des organisations islamistes et auraient participé aux attaques du 7 octobre 2023. Bien que l’ONU ait diligenté une enquête indépendante, présidée par Catherine Colonna, ancienne ministre française, concluant que seuls neuf employés pourraient avoir été impliqués, Israël continue d’avancer que l’agence est compromise. « Nous ne pouvons pas tolérer ce lien », a déclaré Yuli Edelstein, député israélien, en soutenant que la sécurité nationale justifie cette interdiction.

Les réactions internationales et l’inquiétude de l’ONU

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a adressé une lettre au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rappelant qu’une telle décision pourrait avoir des « conséquences dévastatrices » pour les réfugiés palestiniens, soulignant qu’il « n’existe pas d’alternative » à l’Unrwa. Guterres a également rappelé qu’Israël, en tant que puissance occupante, reste tenu d’assurer le bien-être des populations dans les territoires qu’il contrôle, en vertu du droit international.

Les États-Unis, l’Allemagne, l’Irlande, la Norvège, la Slovénie et l’Espagne ont également exprimé leur préoccupation face à cette interdiction, rappelant l’importance de l’Unrwa pour maintenir la stabilité régionale. En Europe, des leaders politiques comme Keir Starmer, Premier ministre britannique, ont exprimé leur « grave préoccupation ». Par ailleurs, des pays ayant reconnu l’État palestinien ont condamné le texte, le qualifiant de mesure « intolérable ».

Le commissaire général de l’Unrwa, Philippe Lazzarini, a souligné que cette interdiction risquait de « priver plus de 650 000 enfants palestiniens de leur éducation » et d’aggraver la crise humanitaire à Gaza, déjà sous pression. Tamara Alrifai, porte-parole de l’Unrwa, a déclaré que les restrictions imposées par Israël entraveraient gravement l’acheminement de l’aide à Gaza, rendant presque impossible la continuité des opérations de l’agence.

Un défi pour l’aide humanitaire à Gaza

Les organisations humanitaires présentes dans la région s’inquiètent de voir l’Unrwa empêchée de remplir son mandat. Bien que d’autres agences soient actives dans les territoires palestiniens, la capacité de l’Unrwa à fournir une aide massive est sans équivalent. Selon James Elder, porte-parole de l’Unicef, l’absence de l’Unrwa risquerait de créer un gouffre humanitaire à Gaza.

La décision israélienne suscite donc de vives inquiétudes, posant la question de la responsabilité de la communauté internationale et de l’avenir de l’aide humanitaire dans les territoires palestiniens occupés. Pour nombre d’observateurs, il est urgent de trouver une solution qui permette de préserver l’assistance humanitaire aux populations tout en respectant les préoccupations de sécurité d’Israël.

Partager