Le Kremlin a affirmé vendredi que le président russe Vladimir Poutine s’efforçait de jouer un rôle de médiateur dans la crise iranienne afin de désamorcer rapidement les tensions régionales. Cette déclaration intervient après des entretiens téléphoniques distincts entre le dirigeant russe, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président iranien Massoud Pezeshkian.
Selon Moscou, Vladimir Poutine a exprimé à Benjamin Netanyahu la volonté de la Russie de poursuivre ses efforts de médiation et de promouvoir un dialogue « constructif » impliquant l’ensemble des acteurs concernés, dans l’objectif de renforcer la stabilité au Moyen-Orient. Aucun détail concret n’a toutefois été communiqué sur la nature exacte de ces initiatives diplomatiques.
Lors d’un échange séparé avec Massoud Pezeshkian, le président iranien a informé son homologue russe de ce que le Kremlin a qualifié « d’efforts soutenus » de Téhéran pour normaliser la situation intérieure, après plusieurs semaines de manifestations et une répression meurtrière. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur attachement à une désescalade rapide des tensions, tant autour de l’Iran que dans l’ensemble de la région, par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques.
La Russie, alliée stratégique de l’Iran depuis le début de la guerre en Ukraine, a condamné les menaces de nouvelles frappes militaires formulées par le président américain Donald Trump à l’encontre de Téhéran. Moscou entretient par ailleurs des relations de travail de longue date avec Israël, ce qui, selon le Kremlin, lui permet de dialoguer avec l’ensemble des parties impliquées.
Dans ce contexte, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui regroupe notamment la Russie, la Chine, l’Inde et l’Iran, a accusé les sanctions occidentales d’avoir contribué aux troubles actuels. L’organisation a estimé que ces mesures unilatérales avaient aggravé la situation économique en Iran et détérioré les conditions de vie de la population, créant un terrain propice aux manifestations.
Les protestations, déclenchées fin décembre sur fond d’inflation galopante et de crise économique, représentent l’un des plus grands défis pour le pouvoir clérical iranien depuis la révolution islamique de 1979. Pour Moscou, toute menace pesant sur la stabilité du régime iranien constitue une source de préoccupation majeure, la Russie ayant déjà perdu ces derniers mois plusieurs alliés clés au Moyen-Orient et en Amérique latine.
Le Kremlin a enfin rappelé qu’il soutenait le droit de l’Iran à développer une énergie nucléaire à des fins pacifiques, tout en appelant à éviter toute escalade militaire supplémentaire dans une région déjà marquée par de fortes tensions.