Robert Ménard et Jean-Louis Borloo ont inauguré mercredi soir « Duel », le nouveau rendez-vous politique de CNEWS présenté par Laurence Ferrari. Pendant une heure, les deux hommes ont confronté leurs diagnostics sur l’état du pays et leurs solutions, de l’immigration au pouvoir d’achat en passant par les retraites et l’organisation de l’État. Face à l’ancien ministre centriste, le maire de Béziers a défendu une ligne mêlant fermeté sur l’autorité de l’État et appel à renouer avec une politique davantage attentive aux Français.
Immigration : Ménard réclame l’exécution des OQTF
Sur l’immigration, Robert Ménard a tenu à distinguer trois situations. D’abord le droit d’asile, qu’il présente comme une « obligation morale » envers les personnes réellement menacées dans leur pays, tout en dénonçant la longueur des procédures. Ensuite l’immigration légale, familiale, étudiante ou professionnelle, dont il juge le niveau trop élevé. Enfin l’immigration clandestine, sur laquelle le maire de Béziers demande avant tout à l’État de faire respecter ses propres décisions.
Son raisonnement se concentre notamment sur les obligations de quitter le territoire français. Lorsqu’une OQTF est prononcée, « la seule chose que je demande au préfet, au ministre », explique-t-il en substance, est que l’État exécute la décision qu’il a lui-même prise. Une manière pour Robert Ménard de replacer la question migratoire sur le terrain de l’autorité publique et de l’efficacité administrative plutôt que sur celui des seules annonces politiques.
« Des gens qui arrêtent de penser à eux-mêmes »
Mais le maire de Béziers a également développé un discours plus large sur la crise politique française. Tout en reconnaissant la responsabilité des gouvernements successifs dans l’endettement et la multiplication des structures administratives, il appelle désormais à chercher des responsables capables de travailler ensemble : « On essaye de trouver des gens qui arrivent à parler ensemble sans se jeter. » Lui et Jean-Louis Borloo ont d’ailleurs illustré cette méthode en assumant leurs désaccords sans transformer leur confrontation en affrontement personnel.
Pour Robert Ménard, le redressement du pays ne peut enfin se limiter aux questions budgétaires. « Il y a l’argent, mais il y a le respect, l’attention, la façon d’être avec les gens », a-t-il insisté. Une attention qui passe, selon lui, par l’écoute et la capacité des responsables politiques à faire sentir aux citoyens qu’ils sont entendus, y compris lorsqu’ils ne leur donnent pas systématiquement raison. Face à un Jean-Louis Borloo misant notamment sur les maires, les présidents de région et les territoires pour « redresser le pays », Robert Ménard a ainsi défendu une approche articulant autorité, efficacité de l’État et proximité avec les Français.

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