De retour des États-Unis, où il a assisté à l’investiture de Donald Trump, Bernard Arnault a vivement critiqué la politique fiscale du gouvernement français, estimant qu’elle pénalise les entreprises qui fabriquent dans l’Hexagone. Lors de la présentation des résultats annuels de LVMH, le PDG du leader mondial du luxe a mis en garde contre une « taxe sur le made in France », qui, selon lui, pourrait inciter les entreprises à délocaliser leur production.
« Je reviens des États-Unis, où j’ai pu voir un vent d’optimisme. Et quand on revient en France, c’est un peu la douche froide », a déclaré Bernard Arnault. Il pointe notamment la décision du gouvernement Bayrou d’instaurer une surtaxe sur l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, qui pourrait représenter une augmentation de près de 40 % pour des groupes comme LVMH. Cette mesure, incluse dans le projet de budget pour 2025, vise à rapporter environ huit milliards d’euros à l’État, mais suscite de vives inquiétudes parmi les chefs d’entreprise.
À l’inverse, le patron de LVMH loue la politique fiscale de Donald Trump, qui prévoit d’abaisser les impôts des entreprises à 15 % et de subventionner les industries manufacturières dans plusieurs États américains. « Aux États-Unis, on soutient la production locale, on encourage l’investissement industriel. En France, on augmente les impôts sur ceux qui fabriquent ici. Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! » a-t-il ironisé.
Bernard Arnault a également révélé que LVMH était activement sollicité par les autorités américaines pour développer de nouvelles implantations industrielles sur le sol américain. « Dans l’environnement actuel, c’est une possibilité que nous regardons sérieusement », a-t-il admis, tout en évitant de commenter les menaces de Donald Trump concernant d’éventuelles taxes douanières sur les produits européens.
LVMH a enregistré une baisse de 17 % de son bénéfice net en 2024, à 12,55 milliards d’euros, et un recul de 2 % de son chiffre d’affaires annuel, à 84,7 milliards d’euros. Dans ce contexte, Bernard Arnault plaide pour une politique fiscale plus favorable aux entreprises françaises et appelle à éviter « des décisions qui freinent l’investissement et la compétitivité ».