Le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), a fixé l’heure et le décor : Patrick Pouyanné sera auditionné le 17 juin à 10 heures. Au programme, un thème qui revient comme un refrain depuis la flambée des prix de l’énergie: « la taxation des superprofits et la fiscalité des multinationales ». Le patron de TotalEnergies, habitué des bancs parlementaires, a donné son accord.
Dans l’entourage du député insoumis, on insiste sur l’actualité du sujet. Éric Coquerel met en avant la question d’une fiscalité jugée insuffisante en France et évoque aussi le débat sur les prix, notamment l’idée d’un blocage. Le contexte, lui, est explosif à bas bruit: des bénéfices élevés dans le sillage des tensions internationales, une opinion sensible au coût de la vie et une classe politique qui cherche, chacun à sa manière, un levier visible.
Une pression politique persistante autour du groupe pétrolier
Ce rendez-vous n’a rien d’une première. Depuis la crise énergétique de 2022, Patrick Pouyanné a été entendu à de nombreuses reprises au Parlement, TotalEnergies évoquant onze auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le PDG s’y présente volontiers comme un dirigeant qui « rend des comptes », tout en sachant que la séance se transforme souvent en face-à-face : d’un côté la promesse républicaine de contrôle, de l’autre la défense d’un groupe mondialisé, avec ses activités, ses impôts et ses choix d’investissements éclatés sur plusieurs continents.
L’audition devrait donc tourner autour de quelques questions qui piquent. Où TotalEnergies paie-t-il réellement l’impôt, et pour quelles raisons une part importante de la contribution fiscale se situe-t-elle hors de France? Quelle place pour les dividendes et les rachats d’actions quand le prix à la pompe reste un marqueur politique? Et jusqu’où un groupe peut-il aller dans les « gestes » commerciaux sans se voir imposer une taxe exceptionnelle, sujet sur lequel la gauche pousse depuis des mois.
Reste l’arrière-plan, plus politique qu’économique : le gouvernement a souvent préféré laisser l’entreprise décider de redistribuer, via des remises ou des opérations ciblées, plutôt que d’ouvrir la porte à une surtaxe nationale. Patrick Pouyanné, lui, a déjà prévenu que certaines mesures de plafonnement pourraient s’arrêter si une taxation spécifique frappait ses activités en France. Le 17 juin, l’hémicycle ne fixera pas le prix du baril, mais il peut encore peser sur la façon dont TotalEnergies raconte sa place dans l’effort collectif, et sur la suite d’un débat que personne ne semble prêt à refermer.
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