À partir du 13 octobre, l’usine Stellantis de Poissy (Yvelines) sera mise à l’arrêt pour trois semaines. Près de 2 000 salariés se retrouveront en chômage partiel ou contraints de poser des congés. La direction invoque un marché européen atone, mais les syndicats y voient une menace bien plus lourde sur l’avenir du site. Ce n’est pas un cas isolé : d’autres usines du groupe, en Allemagne, en Espagne, en Pologne ou en Italie, connaîtront des arrêts plus ou moins longs. Pour les analystes, cette mise en sommeil reflète une stratégie classique d’ajustement de la production à la baisse des ventes. Pour les représentants du personnel, c’est un signe annonciateur d’un désengagement progressif.
Une industrie fragilisée par l’électrique
Le constructeur traverse une période délicate. La transition vers le véhicule électrique s’avère plus lente que prévu, freinée par des consommateurs hésitants et des coûts encore élevés. Dans le même temps, certains nouveaux modèles du groupe tardent à arriver sur le marché. Résultat : des parts de marché perdues, jusqu’à voir Renault repasser devant sur le marché français en début d’année. Stellantis rappelle que cette pause sera mise à profit pour organiser des formations et des travaux dans l’usine. Mais les syndicats ne s’en contentent pas. Ils pointent la fin annoncée de la production de la Mokka en 2028 et redoutent que le site ne soit condamné bien avant.
Un terrain convoité par le PSG
Les inquiétudes se nourrissent aussi d’un autre dossier brûlant : le PSG cherche un emplacement pour bâtir un nouveau stade et a confirmé que le site de Poissy fait partie des pistes. L’idée alimente les suspicions des salariés, persuadés que l’arrêt de la production ouvre la voie à une reconversion immobilière. Stellantis, de son côté, assure que Poissy a toujours un avenir industriel. Mais pour les syndicats, seule une négociation ferme sur l’emploi et les salaires pourrait les convaincre. Derrière la suspension provisoire, c’est donc l’existence même du site qui se joue en toile de fond, dans un mélange de difficultés industrielles, d’incertitudes stratégiques et de convoitises extérieures.
Que retenir rapidement ?
À partir du 13 octobre, l’usine Stellantis de Poissy (Yvelines) sera mise à l’arrêt pour trois semaines. Près de 2 000 salariés se retrouveront en chômage