Safran va équiper son usine de Villaroche, en Seine-et-Marne, d’une centrale géothermique destinée à remplacer ses chaudières à gaz. Le site, où sont produits des moteurs pour Airbus, Boeing et le Rafale, deviendra ainsi le premier site industriel d’Île-de-France chauffé grâce à la chaleur du sous-sol.
Mené avec Dalkia, filiale d’EDF, et Arverne Group, le projet doit permettre de réduire de 75 % les émissions liées au chauffage, soit environ 6 500 tonnes de CO2 par an. Deux puits ont été forés à 1 650 mètres de profondeur pour capter une eau à 75 °C dans l’aquifère du Dogger. Après récupération de la chaleur, l’eau est intégralement réinjectée dans la nappe.
Un investissement de long terme
La future centrale, opérationnelle en octobre, couvrira 84 % des besoins en chaleur du site, qui emploie environ 6 500 personnes. L’investissement, estimé à 30 millions d’euros, s’inscrit dans l’objectif du groupe de réduire de moitié ses émissions de CO2 d’ici 2030 par rapport à 2018, dans un secteur aérien visant la neutralité carbone en 2050.
La géothermie profonde reste toutefois peu développée dans l’industrie en raison de coûts initiaux élevés et de la nécessité d’engagements sur le long terme. Selon les acteurs du projet, elle offre en contrepartie une forte stabilité des prix de l’énergie et une visibilité accrue pour les industriels.