Pénurie d’œufs : les rayons se vident, mais les prix ne devraient pas flamber @pixnio
Pénurie d’œufs : les rayons se vident, mais les prix ne devraient pas flamber @pixnio

Depuis plusieurs semaines, les œufs se font rares dans les supermarchés. Dans certains magasins, les étals sont même totalement vides. Le phénomène, observé partout en France, reflète une tension inédite sur cette catégorie de produits : le taux de rupture dépasse 13%, loin du seuil habituel de 2%. Pourtant, il ne s’agit pas d’un problème de production. La filière a livré 15,4 milliards d’œufs en 2024 et continue d’approvisionner quotidiennement les enseignes. Mais la demande, elle, progresse beaucoup plus vite que les capacités d’augmentation des élevages. Les Français en consomment désormais 226 par an et par personne, soit environ quatre par semaine. En un an, cela représente près de 300 millions d’œufs supplémentaires à fournir. La filière tente de suivre, tout en restant vigilante face au risque persistant de grippe aviaire.

Une consommation en nette hausse

La popularité croissante des œufs s’explique par leur prix, une source de protéines peu coûteuse, mais aussi par la tendance générale à augmenter la part protéinée de son alimentation. Les réticences liées au cholestérol ont reculé, et les œufs de plein air, désormais très demandés, nécessitent davantage d’espace, ce qui freine l’ouverture rapide de nouveaux élevages. La filière prévoit la construction de 300 poulaillers d’ici 2030, mais les démarches sont longues.

Des prix stabilisés malgré les ruptures

Malgré la pression sur les stocks, aucune flambée des prix n’est annoncée. Le secteur fonctionne avec des contrats de longue durée conclus entre éleveurs et distributeurs, ce qui verrouille les tarifs et protège les consommateurs des variations de l’offre et de la demande. Seul le prix des céréales, qui nourrissent les poules, pourrait influer sur les tarifs.

Une situation bloquée jusqu’en 2026

Le retour à des rayons bien remplis n’est pas prévu avant la mi-2026. Pour combler les manques, la France importe davantage d’œufs, principalement de pays européens. Si ces produits apparaissent rarement en supermarché, ils sont largement utilisés dans l’industrie agroalimentaire, malgré des incertitudes sur leur traçabilité. La hausse de la consommation devrait donc continuer à peser sur les rayons encore plusieurs mois, sans pour autant faire grimper les prix.

Que retenir rapidement ?

Depuis plusieurs semaines, les œufs se font rares dans les supermarchés. Dans certains magasins, les étals sont même totalement vides. Le phénomène, observ

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