Coup de théâtre sur l’axe ferroviaire le plus stratégique d’Espagne. Depuis ce lundi, la Renfe met fin à son offre low cost « Avlo » entre Madrid et Barcelone, préférant miser sur ses trains à grande vitesse classiques AVE. Une décision qui ouvre un boulevard à la concurrence, notamment aux Ouigo de la SNCF, déjà bien installés dans la péninsule.
Le choix du confort contre la guerre des prix
Lancée avec des billets à partir de 7 euros, l’offre Avlo disparaît au profit de trains AVE, avec des fréquences et horaires équivalents mais des tarifs relevés. Officiellement, la Renfe invoque le retrait de rames S106 de Talgo frappées de problèmes techniques, mais aussi la volonté de séduire un public d’affaires, réputé plus rentable et en quête de confort. Avec 8,2 millions de voyageurs transportés en 2024 sur la ligne, l’entreprise parie sur un repositionnement haut de gamme, synonyme de marges plus solides.
Une aubaine pour la SNCF et Trenitalia
Cette volte-face laisse les mains libres à Iryo (Trenitalia) et surtout à Ouigo Espagne, qui a bâti son succès sur une politique tarifaire agressive. La SNCF, déjà créditée d’environ 20 % de parts de marché, espère atteindre l’équilibre financier en 2025 après quatre années de pertes. Le retrait d’Avlo pourrait accélérer la bascule. De son côté, la Renfe prévoit d’ajouter 12 240 sièges sur ses trains AVE et Longue Distance vers la Catalogne, mais en misant sur des tarifs plus élevés. En misant sur le confort plutôt que sur la bataille des prix, la Renfe cherche à sortir d’une concurrence féroce où elle peinait à trouver sa rentabilité. Pendant ce temps, la SNCF et Trenitalia, débarrassées d’un rival low cost, peuvent espérer consolider leurs positions dans un marché espagnol en pleine mutation.