Le futur président exécutif de Versace sera Lorenzo Bertelli, héritier du groupe Prada. Cette nomination devrait devenir effective dès la finalisation du rachat de la maison italienne par Prada, annoncé en avril dernier pour un montant de 1,25 milliard d’euros. Objectif affiché : redonner à Versace la puissance commerciale correspondant à son aura mondiale.
Un transfert d’envergure dans le luxe italien
Le rachat de Versace, jusque-là détenue par le groupe américain Capri Holdings, représente la plus grosse acquisition jamais réalisée par Prada. Avec cette opération, le groupe italien cherche à renforcer sa position face à ses concurrents français comme LVMH ou Kering, en créant un pôle italien du luxe plus solide et diversifié.
Si Prada affiche une santé financière robuste avec 2,74 milliards d’euros de revenus nets au premier semestre 2025, en hausse de 9 % par rapport à l’année précédente, la situation de Versace est plus contrastée. Selon les derniers résultats publiés par Capri Holdings, la maison italienne accusait une baisse de plus de 21 % de ses ventes, pour un chiffre d’affaires trimestriel autour de 208 millions de dollars. Cet écart entre la notoriété de la marque et sa performance économique explique en partie l’intérêt stratégique et le prix jugé attractif de cette acquisition.
Bertelli, figure d’un renouveau attendu
Lorenzo Bertelli, 37 ans, fils de Miuccia Prada et de Patrizio Bertelli, est déjà une figure montante de l’industrie. Actuellement directeur marketing et responsable RSE de Prada, il est également pressenti pour reprendre un jour les rênes du groupe familial. Sa nomination à la présidence de Versace incarne à la fois une continuité familiale et une volonté d’innover : Prada mise sur sa vision du luxe contemporain, sa sensibilité digitale et son engagement en faveur de la durabilité pour réorienter une maison en perte de vitesse.
Dans un podcast diffusé par Bloomberg, Lorenzo Bertelli a affirmé que Versace est « bien plus grande que le chiffre d’affaires qu’elle génère » et que l’ambition du groupe est de ramener l’activité à la hauteur de cette envergure. Sa mission consistera à concilier le glamour emblématique de la maison fondée par Gianni Versace avec une stratégie commerciale et industrielle plus efficace, tout en défendant le « Made in Italy ».
Avec cette nomination, Prada confirme sa volonté de peser davantage dans le paysage mondial du luxe, tout en conservant une identité résolument italienne. Les mois à venir seront décisifs pour savoir si ce repositionnement permettra à Versace de retrouver sa pleine puissance sur le marché international.