Le gouvernement ghanéen a annoncé l’abolition de la taxe sur la valeur ajoutée appliquée à l’exploration et à la reconnaissance minières, une décision destinée à relancer les investissements dans un secteur crucial pour l’économie du pays. Premier producteur d’or d’Afrique, le Ghana cherche à inverser plus de vingt années de croissance limitée dans l’industrie minière.
Introduite il y a 25 ans dans le cadre d’une réforme fiscale, la TVA de 15 % pesait sur les coûts initiaux des opérations d’exploration, notamment les forages et les analyses. Les organisations professionnelles, dont la Chambre des mines du Ghana, affirmaient depuis longtemps que cette taxe décourageait la découverte de nouveaux gisements et nuisait à la compétitivité du pays face à d’autres juridictions africaines comme la Côte d’Ivoire, le Kenya ou le Burkina Faso, qui exemptent ces activités.
Présentant le budget 2026 devant le Parlement, le ministre des Finances Cassiel Ato Forson a estimé que la suppression de la TVA devrait « raviver la confiance des investisseurs » et encourager de nouveaux projets, tout en garantissant la viabilité du secteur à long terme. Cette mesure s’inscrit dans une révision plus large de la TVA et vise également à réduire la prospection illégale, responsable de dégradations environnementales dans les forêts et les cours d’eau.
Cette annonce intervient alors que le Ghana a enregistré des exportations record d’or issu de l’exploitation artisanale sur les dix premiers mois de l’année : 81,7 tonnes, pour une valeur estimée à 8,1 milliards de dollars, dépassant pour la première fois les exportations à grande échelle. Les autorités expliquent ce résultat par des réformes ayant officialisé l’activité minière à petite échelle et renforcé les contrôles à l’exportation.
La Chambre des mines a salué la mesure, estimant qu’elle lèvera un obstacle majeur au développement de nouveaux projets. Le secteur minier, dominé par l’or mais comprenant également la bauxite et le manganèse, représente plus d’un tiers des recettes d’exportation du Ghana. Parallèlement, le gouvernement a lancé un audit destiné à accroître les revenus tirés de cette industrie, dans le cadre d’une réforme plus large visant à mieux encadrer le secteur et à en optimiser les retombées économiques.