Les agriculteurs et exportateurs indiens figurent parmi les principaux bénéficiaires de la décision du président américain Donald Trump d’exempter plus de 200 produits alimentaires de son régime de droits de douane réciproques, une mesure qui pourrait aider l’Inde à regagner une partie de la demande perdue ces derniers mois. L’assouplissement annoncé vendredi concerne notamment le thé, le café, les épices et les noix de cajou, des secteurs durement touchés lorsque Washington avait doublé les tarifs douaniers sur plusieurs importations indiennes, les faisant grimper jusqu’à 50 %.
Selon Ajay Sahai, directeur général de la Fédération des organisations d’exportation indiennes, ces exemptions pourraient profiter à des exportations représentant entre 2,5 et 3 milliards de dollars, tout en offrant des débouchés aux produits premium ou à forte valeur ajoutée. Pour les responsables indiens du commerce extérieur, cette décision envoie également un signal positif quant aux négociations commerciales en cours entre New Delhi et Washington, après une année marquée par une forte pression tarifaire et un recul de près de 12 % des exportations indiennes vers les États-Unis en septembre.
Les exportateurs soulignent toutefois que les bénéfices resteront limités, car l’Inde est peu présente sur certains produits désormais exemptés de droits, comme les tomates, les agrumes, les bananes ou les jus de fruits. Ajay Srivastava, fondateur du groupe de recherche Global Trade Research Initiative, estime que l’impact positif sera concentré sur les épices et l’horticulture de niche, avec un effet modéré sur la demande américaine.
Les concurrents d’Amérique latine, d’Afrique ou de l’ASEAN devraient, eux, tirer un avantage plus important de la décision américaine. Par ailleurs, plusieurs incertitudes demeurent : l’Inde sera-t-elle exemptée des seuls droits réciproques de 25 %, ou également des tarifs complets de 50 % ? Les exportateurs pointent aussi des obstacles structurels, notamment les coûts de fret élevés, la concurrence agressive du Vietnam et de l’Indonésie, ainsi que les normes sanitaires américaines particulièrement strictes.
Malgré ces réserves, l’assouplissement tarifaire est perçu comme un soulagement bienvenu pour le secteur agricole indien, dont les exportations vers les États-Unis devraient atteindre 5,7 milliards de dollars cette année, sur un total de 87 milliards. Si les défis persistent, beaucoup espèrent que ce geste pourrait contribuer à stabiliser un marché fragilisé et relancer partiellement une demande mise à mal par des mois de tensions commerciales.