L’industrie française de l’armement signe en 2024 sa « deuxième meilleure performance historique », avec 21,6 milliards d’euros de prises de commandes à l’export, selon le rapport du ministère des Armées. Dans un contexte de réarmement mondial, stimulé par la guerre en Ukraine, la France confirme sa place de deuxième exportateur d’armes derrière les États-Unis.
Rafale et sous-marins en tête des ventes
L’aéronautique reste le moteur principal (43 % des exportations), devant le naval (33 %) et l’armement terrestre (15 %). Les contrats emblématiques concernent la vente de 12 Rafale à la Serbie, 18 à l’Indonésie et quatre sous-marins Barracuda aux Pays-Bas. Paris a également placé des radars, systèmes de communication et missiles. Avec ce chiffre, la France se situe largement au-dessus des 8,2 milliards engrangés en 2023, mais reste en deçà du record de 27 milliards de 2022, année marquée par le contrat géant de 80 Rafale avec les Émirats arabes unis. En intégrant les commandes destinées à ses propres armées, le total grimpe à près de 40 milliards d’euros.
Un basculement vers le marché européen
Si le Moyen-Orient et l’Asie restent des débouchés traditionnels, 60 % des contrats de 2024 ont été signés avec des pays européens. Les Pays-Bas arrivent en tête (5,9 milliards), devant l’Indonésie (3,56), la Serbie (2,75), l’Irak (1,25) et la Pologne (1,18). L’Ukraine a pour sa part commandé pour 907 millions d’euros d’équipements, s’ajoutant à l’aide militaire française évaluée à 5,9 milliards depuis 2022. Pour conquérir ces marchés, Paris mise sur des programmes conjoints, comme les canons Caesar ou les missiles Mistral, financés en partie par l’Union européenne.
Des succès ternis par quelques revers
La dynamique n’efface pas certaines déconvenues : Naval Group a perdu cet été des contrats en Norvège (frégates) et au Canada (sous-marins). Par ailleurs, les livraisons vers Israël, bien que limitées (27,1 millions en 2024), restent critiquées par des ONG. Le gouvernement réaffirme que ces exportations concernent des composants destinés à des systèmes défensifs ou à être réexportés, et non à équiper directement l’armée israélienne. Dans un monde où les dépenses militaires ont bondi de 9 % en un an pour atteindre 2 676 milliards de dollars, la France entend consolider une industrie jugée indispensable pour équiper ses forces et maintenir son rang stratégique.