Dans la campagne haut-viennoise, la voiture n’est pas un confort, c’est le sésame pour aller travailler. Maison Broussaud, PME spécialisée dans la chaussette, a donc décidé de sortir le carnet de chèques: 600 euros de prime exceptionnelle pour chacun de ses 64 salariés, afin d’amortir la hausse du carburant sur les trajets domicile-travail. À la pompe, le prix affiché lors du reportage montait à 2,06 euros, une addition qui pique tous les matins quand il faut aligner des dizaines de kilomètres faute de transports en commun à portée de main.
Quand la voiture devient une seconde fiche de paie
Quand la voiture devient une seconde fiche de paie Sur place, les chiffres prennent un visage. Une salariée parle de près de 65 kilomètres quotidiens, une autre rappelle qu’avec 1 200 euros nets par mois, cette prime est « énorme » et qu’on ne voit pas souvent ce type d’aide directe tomber si franchement. Le lecteur le comprend vite: hors des grandes agglomérations, la dépendance à l’essence pèse comme un impôt silencieux, et ce sont souvent les revenus modestes qui encaissent le choc, sans solution alternative crédible à court terme.
Aymeric Broussaud, le président de l’entreprise, assume une décision rendue possible par la trésorerie et de bons résultats en 2025. Il dit ne pas pouvoir promettre une hausse générale des salaires sans visibilité sur plusieurs années, préférant un geste ponctuel, comme il l’avait déjà fait en 2021 lors d’une précédente flambée énergétique. Reste que cette prime raconte une réalité économique très française: entre dispositifs existants comme la prime transport ou le forfait mobilités durables et les coups de pouce des employeurs, la question du déplacement devient un sujet de pouvoir d’achat à part entière, appelé à revenir à chaque soubresaut des prix.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.